L’éruption du Tambora, le 10 avril 1815, marque à jamais l’histoire de l’humanité. Pertes humaines, épidémies, famines et changement climatique sont les conséquences planétaires de cette terrible tragédie.

 

Le volcan en furie

Le 5 avril 1815, un bruit d’explosif alerte les autorités locales de Java en Indonésie. Croyant avoir affaire à une attaque de pirates, le lieutenant-gouverneur envoie une armée en mer de Flores. Mais la première éruption du Tambora révèle que le bruit de canonnade était en fait le grondement du mont volcanique.

L’incident dure 33 heures avant d’empirer cinq jours plus tard. Ainsi, le 10 avril 1815, l’éruption du Tambora secoue l’île entière de Sumbawa. Vers 10 heures du matin, une colonne éruptive s’élève à 44 km vers le ciel, condamnant les villageois de Batavia à trois heures d’angoisse et de panique. Mais le pire se manifeste vers 19 heures quand les éruptions s’intensifient et provoquent une pluie de roches qui atteint le village de Sanggar, situé à 30 km.

Une ondée de cendres vient s’ajouter au drame une heure plus tard. Et les heures qui suivent ne font que témoigner de la gravité de la situation : grande explosion, 160 km3 de coulées pyroclastiques, effondrement d’une hauteur importante du volcan (1 500 m), pertes humaines…

 

Des conséquences planétaires

Le bilan de la catastrophe rapporte au final plus de 100.000 personnes mortes dans la région, soit presque une ville entière ensevelie sous une pluie de cendres. Très vite, la population locale sombre dans de graves problèmes sanitaires et nutritionnels étant donné l’impact de l’éruption volcanique sur les terres cultivées.

Mais les conséquences de la tragédie ne se limitent pas au niveau local, elles prennent également une envergure internationale. En effet, l’éruption est à l’origine d’un changement climatique planétaire. Les scientifiques démontrent que les nuages de cendres et de gaz se sont répartis à 43 000 m dans la stratosphère, ce qui fait des années 1810 les plus humides et les plus nuageuses du millénaire. Ainsi, au XIXe siècle, une vaste partie de l’Europe plonge dans la famine à cause du froid et des intempéries qui ont freiné les récoltes. Des épidémies terribles émergent également, dont le plus grand fléau de l’époque : le choléra.

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