Vestiges de la XIXe dynastie égyptienne, les temples d’Abou Simbel sont le reflet d’une grande civilisation et d’un savoir-faire hors pair. Menacés par l’instauration du barrage d’Assouan, les sanctuaires échappent au désastre grâce à l’intervention de l’UNESCO.

 

L’histoire

Les temples d’Abou Simbel, anciennement appelés Ibsamboul, sont érigés aux temps de Ramsès II (1279 à 1213 avant J.-C.) en Haute-Egypte sur la rive gauche du Nil. Méticuleusement taillés dans un rocher gigantesque, les deux temples témoignent du mystérieux savoir-faire architectural des égyptiens d’antan.

Le grand temple, dédié au culte des dieux Amon, Râ et Ptah, se reconnaît par sa façade orné de quatre statues géantes de Ramsès II qui, lui aussi, est élevé au rang des divinités. Le petit temple quant à lui, est un haut lieu d’adoration de la reine Néfertari, épouse du pharaon. Sa façade arbore six statues monumentales du couple souverain.

Dans les années 50, ces monuments deviennent l’objet d’une préoccupation internationale depuis que le président égyptien Gamal Abdel Nasser a mis en place le barrage d’Assouan. Le 8 mars 1960, un appel de détresse est lancé par l’UNESCO afin de sauver les temples des menaces du lac Nasser.

 

La mission sauvetage

L’UNESCO réussit à sensibiliser une cinquantaine de pays dans sa campagne de sauvegarde d’Abou Simbel. Ainsi, 800 ouvriers et une centaine de techniciens sont mobilisés pour réaliser l’impossible en plein désert de Nubie sous la chaleur ardente du soleil. Lancée le 1er avril 1964, la mission dure finalement quatre ans, ce qui équivaut à un investissement de 36 millions de dollars.

La mission de sauvetage consiste, entre autres, à déplacer pièces par pièces l’ensemble des monuments et restaurer les temples tels quels au sommet de la falaise. Pour ce faire, les édifices sont fractionnés en 1035 blocs de 20 à 30 tonnes chacun. Parallèlement, un batardeau est mis en place afin de prévenir la montée des eaux sur le chantier. Tous ces travaux sont réalisés à l’aide de matériels exceptionnels défiant quasiment l’impossible. Le déménagement d’Abou Simbel nécessite également l’instauration de collines artificielles permettant de protéger le patrimoine architectural.

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