Né le 14 août 1865 à Pontarlier, dans le Doubs, Philippe Grenier, le premier député musulman de France, est décédé le 25 mars 1944 dans sa ville natale.

 

Conversion à l’Islam

Né d’un père capitaine de cavalerie qui décède à ses 6 ans et d’une mère très pieuse qui lui inculque le sens des valeurs et de la religion, Philippe Grenier reçoit une excellente éducation. Ayant obtenu son bac à Besançon, il entame des études de médecine qu’il termine en 1890. Après avoir ouvert un cabinet à Pontarlier, il se rend en Algérie française pour rendre visite à son frère, c’est là que le docteur découvre la culture musulmane.

De retour en France, il pointe du doigt une politique qui « maintient les Algériens musulmans dans la misère et les injustices sociales ». Il étudie ensuite le Coran, puis entame un nouveau voyage en Algérie où il se convertit à l’Islam et accomplit le pèlerinage à La Mecque. Il décide alors de porter la tenue traditionnelle des musulmans algériens : une gandoura et un burnous.

 

Le premier député musulman de France

De retour en France, il se distingue par ses œuvres sociales et réussit à se faire élire en tant que conseiller municipal. Se présentant aux élections législatives de Doubs, il remporte, contre toute attente, la victoire avec 51 % des voix. C’est ainsi qu’il devient le premier député musulman de France, vêtu de burnous et de ruban blanc à l’hémicycle ; là où aujourd’hui il est formellement interdit de porter des signes religieux.

Le député, le médecin et le musulman qu’il est entend lutter contre l’alcoolisme et améliorer la situation des Algériens musulmans. Ses prises de position suscitent la colère tant de son électorat que de ses collègues à l’hémicycle. Il échoue alors aux élections suivantes et décide de se retirer de la vie politique. Il décède à l’âge de 78 ans à Pontarlier où une rue et une mosquée portent actuellement son nom.

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