Moncef Bey, de son vrai nom Mohamed el-Moncef Bey, est né le 4 mars 1881 à Tunis. Avant-dernier de la dynastie husseinite et bey de Tunis entre 1942 et 1943, il reste dans les mémoires comme le bey qui a le plus contesté les autorités françaises.

 

Un souverain près du peuple

Alors que sa notoriété est à son paroxysme après son accession au trône, Moncef Bey adopte l’image d’un bey plus près du peuple. Il abolit le baisemain et invite ses sujets à lui serrer la main à la place. Si cela enchante le peuple, les autorités françaises se retrouvent avec un bey non malléable qui éveille le nationalisme tunisien.

En ce sens, il adresse, le 2 août 1942, au maréchal Pétain un mémorandum incluant 16 revendications en faveur d’une souveraineté tunisienne aussi importante que celle de la France, l’intégration des tunisiens dans la fonction publique, une réduction de la pauvreté et du chômage, la participation des tunisiens à la gestion des dépenses et des entrées d’argent, la libre acquisition des terres, l’accès à l’éducation en langue arabe, etc.

 

Un résistant aux forces coloniales

Quand Moncef Bey tient tête aux traditionalistes et aux autorités françaises en refusant d’appliquer la politique vichyste qui exclut les juifs, il s’attire la colère de quelques-uns. Ensuite, en 1942, il déclare la neutralité de la Tunisie lors du débarquement des troupes alliées. La même année, il s’est dit offensé de l’attitude du général Esteva à l’encontre de son représentant lors d’un conseil de ministres et met en place un gouvernement composé de destourien, de néo-destourien et d’une figure indépendante, le 1er janvier 1943.

Le lobby colonial s’organise alors autour du général Henri Giraud et de Marcel Peyrouton, ministre vichyste pour accuser Moncef Bey d’alliance avec les forces de l’Axe. Ils le forcent à abdiquer, mais le souverain refuse. Le 14 mai 1943, il est embarqué de force dans un avion de l’autorité française pour Laghouat en Algérie. Le 8 juillet, il abdique officiellement et est exilé à Ténès avant d’être transféré à Pau en 1945 où il résidera jusqu’à sa mort, le 1er septembre 1948.

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