Le 18 février 1201 marque la naissance de Nasir al-Din al-Tusi. Retour sur le parcours du philosophe, mathématicien, théologien et astronome perse musulman.

 

Un érudit

Les peu d’informations recueillies sur la vie d’al-Tusi proviennent essentiellement de son autobiographie intitulée Sayr wa Saluk (Contemplation et action), écrite en 1246. Celle-ci indique qu’Abû Ja’far Muhammad idn Muhammad ibn al-Hasan Naṣir al-Dïn al-Tüsi, de son nom complet, voit le jour à Tus, dans le Khorasan. Il aurait décidé d’apprendre la théologie et les sciences suite au conseil de son oncle maternel et de son père.

A la mort de ce dernier, il se rend à Nishapur pour parfaire ses connaissances. Là, il se consacre à l’étude des œuvres philosophiques d’Avicenne dont principalement son Kitab al-Isharat wa-l-tanbihat (Livre des directives et des remarques). Plus tard, il se rend en Irak (1217-1221) pour étudier la jurisprudence puis à Mossoul (1223-1232) pour apprendre les mathématiques. Après l’invasion mongole, il se met au service d’Houlagou Khan comme conseiller scientifique et responsable des dotations religieuses. En 1259, il réussit à convaincre le grand khan de construire un observatoire à Maragha. Le projet, sous sa supervision, l’occupe pendant une dizaine d’années.

 

Un énorme héritage

Al-Tusi décède en 1274 mais laisse un héritage inestimable derrière lui. En effet, il est l’auteur d’environ 150 travaux (rédigés en persan, en arabe et en turc) traitant différents domaines. En philosophie, ses écrits s’intéressent à la jurisprudence islamique (fikh) et à la dialectique (kalâm). En théologie, il aborde différents courants de l’islam : l’ismaélisme, le chiisme duodécimain et le soufisme. En logique, il est l’auteur de la contribution la plus importante du XIIème siècle dans ce domaine : Asas al-iqtibas (base de l’inférence). Et en éthique, on lui doit notamment Akhlaq-i Nasiri (L’éthique de Nasir), une œuvre qui traite la nature de Dieu et celle de l’esprit humain.

Mais c’est surtout en mathématiques qu’al-Tusi est le plus connu. On lui doit d’ailleurs la recension et la révision des travaux des plus grands mathématiciens grecs et arabes, facilitant ainsi le transfert des connaissances. Il a, lui-même, rédigé plusieurs traités en géométrie et en trigonométrie dont : al risala al-shafiya (traité sur les lignes parallèles), Tahir Uqilidis (Rédaction d’Euclide), al-shaki al-qita (traité du quadrilatère). Il a aussi beaucoup contribué dans l’astronomie. Un cratère découvert en 1935 par l’Union astronomique internationale est baptisé en son nom pour lui rendre hommage.

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