Le 23 janvier 1199 marque le décès d’Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, troisième calife de l’empire regroupant l’Espagne musulmane et le nord d’Afrique de 1184 à 1199. Retour sur le parcours de celui qui a permis à sa dynastie d’atteindre son apogée.

 

Un fructueux règne

Al-Mansur accède au trône le 29 juillet 1184, date à laquelle, son père Abu Yaqubb Yusuf succombe à une blessure durant le siège de Santarém. Dès son arrivée au pouvoir, il fortifie son armée et établit un partenariat stratégique avec l’Egypte de Saladin. Cette alliance entre almohades et ayyoubides permet de neutraliser plusieurs expéditions organisées par les croisés dont celle de Renaud de Châtillon en 1182.

Par ailleurs, le nouveau calife décide de pacifier avec les africains en 1188 et préfère se concentrer dans les batailles qui opposent son empire aux espagnols. En 1195, avec ses hommes, il inflige une défaite cuisante au roi de Castille Alphonse VIII à Alarcos. Cette victoire lui vaut le surnom « Al-Mansur » (le victorieux) et lui permet d’entamer la reconquête vers le nord.

 

Un grand héritage

Al-Mansur est un homme de culture et les philosophes, poètes et artisans se succèdent presque quotidiennement devant sa cour à Marrakech. Mais en même temps, son règne est aussi connu par une montée importante des réactions traditionnalistes. Elles sont moins le fait du calife lui-même mais de son entourage, principalement andalous. Plusieurs personnalités adeptes de la philosophie aristotélicienne ont ainsi été condamnées dont le célèbre Averroès.

Le calife a aussi réalisé de nombreuses œuvres architecturales. Il a, entre autres, achevé la Koutoubia (entamé par son grand-père quelques années plus tôt). Il s’agit d’une mosquée avec un minaret de 69 mètres de haut et surmontée de quatre boules dorées. Vers la fin de sa vie, il prend une retraite partielle et désigne son fils Muhammad an-Nasir comme son successeur au trône.

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