Abû Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhân ibn Uzalagh al-Fârâbi, mieux connu sous Fârabi ou Alpharabius, est né en 872. Retour sur le parcours de l’une des plus grandes figures de la philosophie médiévale.

 

Le préféré du sultan

L’origine d’Al-Fârabi continue à diviser les historiens. Si certains affirment qu’il aurait vu le jour à Wâsij, près de Farab en Perse, d’autres avancent qu’il serait plutôt né dans le Turkestan moderne. Tous s’accordent pourtant à dire que son père occupait une fonction militaire importante : vassale du califat abbasside arabe de Bagdad.

C’est d’ailleurs dans cette ville que le jeune homme va apprendre la grammaire, les mathématiques, les sciences, la musique, la logique et la philosophie. Il y fréquente de nombreux philosophes chrétiens nestoriens dont Abu Bishr Matta ben Yunus, qui deviendra son maître, ou encore Yuhannâ b. Khaylân.

Fârâbi s’est fait remarquer par le sultan de Syrie, Seïf-ed-Daulah, pour ses talents de musicien et de poète. Ce dernier voulait alors l’attacher à sa cour de Damas mais il s’en excuse pour s’installer à Alep, puis voyager en Egypte, avant de revenir à Damas où il meurt 950. Un autre récit indique toutefois qu’il a accepté la proposition du sultan en 942 et s’est éteint à l’âge de 80 ans après une expédition avec le souverain.

 

Le second maître

Tout au long de sa vie, Al-Fârâbi a à son actif une centaine d’ouvrages dont principalement des commentaires ou des synthèses personnelles des œuvres d’Aristote et de Platon comme L’accord entre les doctrines des deux sages (Platon et Aristote), Opinions des habitants de la Cité vertueuse ou encore Sommaire des lois de Platon, Sur la métaphysique d’Aristote.

Il se distingue de ses prédécesseurs (Al-Kindi et Razi) pour son intérêt pour la philosophie politique. Dans Aphorismes choisis (Fusûl Muntaza’a), il expose sa pensée politique pour une meilleure gestion des cités et les qualités exigées de l’homme politique. Par ailleurs, il cherche aussi à établir l’harmonie entre le savoir rationnel et l’enseignement du Coran. Il encourage de ce fait, la spéculation intellectuelle à l’intérieur du cadre de la foi.

Al-Fârâbi n’est pas le premier philosophe musulman mais il fait partie des plus grands. Il est d’ailleurs reconnu comme le fondateur de la tradition philosophique musulmane. En Occident, il est considéré comme le Magister secundus (second maître) après Aristote. Sa pensée, appelée fârâbienne, va plus tard influencer de grands philosophes arabes : Avicenne, Averroès, Ibn Rushd.

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