Mostefa Lacheraf s’est éteint le 13 janvier 2007, à l’âge de 89 ans, à Alger. Retour sur le parcours de l’une des grandes personnalités de la vie politique et intellectuelle algérienne.

 

Un professeur

Mostefa Lacheraf est né le 7 mars 1917 à El Kerma, dans le sud algérois. Il passe son enfance et sa jeunesse à Alger avant de rejoindre la France où il poursuit ses études secondaires. Diplômé de l’université Paris-Sorbonne, il obtient ensuite le poste de professeur au lycée de Mostaganem et celui de Louis-le-Grand. Par ailleurs, il devient traducteur et interprète des langues orientales à Paris.

 

Un militant

A partir de 1939, Mostefa s’engage dans la politique de son pays natal. Il milite ainsi au sein du Parti du peuple algérien (PPA), puis au Mouvement pour le Triomphe des libertés démocratiques (MTLD) en écrivant pour le journal : l’Etoile algérienne. Vers la fin des années 1940, il prend ses distances avec l’organisation mais continue à faire connaître ses positions à travers des revues telles que : Les temps modernes, Esprit ou encore Présence Africaine.

Durant la guerre d’Algérie, Mostefa renonce à l’enseignement et rejoint le Front de libération nationale (FLN). En novembre 1954, il quitte Paris pour l’Espagne où il entre en contact avec Mohamed Khider, un des principaux meneurs des indépendantistes. Mais lors d’un vol entre Rabat et Tunis, le 22 octobre 1956, il est arrêté avec les membres de l’organisation présents à bord par l’armée coloniale. Il est alors emprisonné pendant cinq ans avant d’être libéré pour des raisons de santé. Il est ensuite placé en résidence surveillée mais réussit tout de même à quitter clandestinement la France pour le Caire puis Tunis.

Quand l’Algérie obtient son indépendance, il rédige pour le compte d’El Moudjahid jusqu’en septembre 1962. Il est ensuite nommé ambassadeur en Amérique Latine (Argentine et Mexique) avant de revenir en Algérie pour endosser le rôle de conseiller de la Présidence puis de ministre de l’éducation. Mais il doit démissionner de son poste puisque son programme éducatif, favorisant un enseignement bilingue, est rejeté par le parti unique. Il reprend alors son travail de diplomate en Amérique Latine.

 

Un écrivain

Outre ses engagements politiques, Mostefa est aussi un homme de lettres. Il a d’ailleurs rédigé des essais sur la notion du nationalisme en Algérie dont Chanson de jeunes filles arabes (1954) et Algérie, nation et société (1965). Il a aussi préfacé quelques recueils notamment celui d’Anna Gréki pour Algérie, capitale Alger (1963) et de Jean Sénac pour Matinale de mon peuple (1961).

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *