Le 1er janvier 1259 est la date où Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz renverse Al-Mansur pour devenir le sultan mamelouk d’Egypte jusqu’en 1260.

 

Un parcours évolutif

Qutuz se dit le neveu de Jalal ad-Din, le dernier roi Khorezmien (1220-1231), assassiné par les mongols. Fait prisonnier par ces derniers, il est vendu comme esclave en Syrie, puis revendu au dernier roi ayyoubide, sans savoir qu’il sera l’artisan de la victoire égyptienne sur les mongols au Moyen-Orient.

Avec le temps, il gravit les grades militaires pour finalement diriger les armées d’Aybak, fondateur de la dynastie mamelouke, lorsque celui-ci prend le pouvoir. Après l’assassinat d’Aybak et de sa femme, Qutuz devient le tuteur de leur fils Al-Mansur Ali. En 1257 et 1258, il propose aux sultans ayyoubides d’Alep et de Damas son aide contre une éventuelle attaque mongole, mais sa requête est repoussée. Par conséquent, la menace continue de peser sur la Syrie, conduisant à la fuite de nombreux habitants vers l’Egypte qui plonge à son tour dans la frayeur générale.

 

Le règne de Qutuz

Ces circonstances donnent à Qutuz, le 1er janvier 1259, le prétexte de renverser Al-Mansur qu’il estime trop jeune pour mener la guerre contre les mongols. Pour éviter toute tentative de révolte contre lui, il ne cesse d’affirmer aux  autres mamelouks que son action est motivée par l’envie de vaincre efficacement l’ennemie. Par ailleurs, il promet aussi de leur accorder ce qu’ils demanderaient une fois la victoire acquise. Hulagu, le chef de l’armée mongole lui demande de se rendre, mais il refuse et élimine les ambassadeurs de celui-ci pour écarter toute possibilité de négociation. C’est ainsi que Qutuz engage ses troupes dans la guerre contre les mongols.

Ainsi, en août 1260, Qutuz, à la tête des armées égyptienne et syrienne réunies, quitte l’Égypte pour aller affronter les mongols. Mais il envoie le général Baybars et une partie de l’armée en mission de reconnaissance durant laquelle ils vont déjà remporter une victoire sur un contingent mongol : un premier succès qui remonte le moral de l’armée musulmane. Le 3 septembre 1260,  lors de la bataille d’Ayn Jâlût, Qutuz et Baybars infligent une cuisante défaite aux troupes mongoles, conduites par Ketboğa. Ainsi, les mamelouks reprennent le contrôle de la Syrie, entraînant le retrait des Mongols au-delà de l’Euphrate.

Ce triomphe de l’armée musulmane marque l’arrêt de la progression mongole. Qutuz retourne en Égypte le 4 octobre 1260, suivi par Baybars qui va l’assassiner le 24 octobre. Aussitôt, Baybars se fait proclamer sultan par les chefs militaires.

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