ʿĪsā ou Issa ibn Mayriam occupe une place prééminente dans le Coran. Mais contrairement aux récits chrétiens, il est placé comme un prophète avec des titres supérieurs que ses prédécesseurs dans la tradition musulmane.

 

Un miracle

Etant un être d’exception, Maryam est choisie par Dieu pour donner naissance à un prophète. A l’annonce de la nouvelle par l’archange Djibril, elle est étonnée puisqu’elle n’a pas de conjoint et elle est toujours vierge. Mais dévouée au Créateur, elle accepte son destin. Par la parole divine, le « kun », elle tombe alors enceinte. Toutefois, quand il lui devient impossible de cacher son ventre, elle décide de se retirer dans le désert loin des regards indiscrets de son entourage.

L’accouchement est particulièrement éprouvant pour Maryam autant sur le plan physique que moral. Prise de douleur, « Elle dit : « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée » (Coran 19.23) en s’appuyant contre un palmier pour se tenir debout. Mais un miracle se produit dès que l’enfant est né : « Une voix l’appela, d’au-dessous d’elle : « Ne t’affliges pas. Ton Seigneur a mis une source à tes pieds. Et secoue vers toi le tronc du palmier ; il en tombera des dattes fraîches et mûres. Mange et bois et réjouis-toi. Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis-lui : « J’ai fait vœu de jeûne, à mon Seigneur ; je ne peux donc parler à aucun être humain, aujourd’hui » (Coran 19.24-26).

 

Un des plus grands prophètes

Tout au long de sa vie, Issa confirme ce qui a été auparavant révélé par Moïse à travers la Torah (Coran 61.6). Par ailleurs, il accomplit de nombreux miracles : guérison, résurrection… et délivre la « bonne nouvelle » de la part de Dieu ou l’Injil (l’Evangile). Considéré comme « une direction et une lumière » (Coran 5.46), il fait partie des cinq livres les plus importants en islam après le coran et au même titre que la Tawrat, les feuillets d’Ibrahim et le Zabur.

A l’exception d’un groupe restreint d’individus dont les apôtres, Issa se heurte à l’incrédulité des juifs. Ces derniers complotent même pour le tuer mais contrairement à ce que rapportent les récits chrétiens, « ils ne l’ont ni tué ni crucifié » (Coran 4.157). Plusieurs commentateurs musulmans supposent qu’un autre homme a pris sa place sur la croix. Mais la véritable identité de celui-ci reste inconnue puisque de nombreux noms ont été cités : Simon de Cyrène, Ponce Pilate, apôtre Pierre ou encore Judas Iscariote.

Quoi qu’il en soit, Issa occupe une place importante dans le coran où son nom est cité 25 fois dans 10 sourates différentes et son équivalent, Al-masih (le messie), 11 fois. Outre son statut de Prophète, les récits coraniques lui attribuent également un rôle eschatologique : son retour sur terre annoncera l’Heure du jugement dernier.

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