Après plusieurs années de lutte acharnée contre le colonialisme, Adb El-Kader est obligé de rendre les armes le 23 décembre 1847. Loin d’être un échec, cet épisode va le conduire à promouvoir un islam d’ouverture.

 

Une capitulation

Dès l’envahissement par la France de l’Algérie en 1830, Abd el-Kader s’impose comme le héros de la résistance anti-coloniale. Mais la guerre s’enlise et les tactiques de l’émir deviennent de moins en moins efficaces. Par ailleurs, il n’arrive pas à obtenir le soutien des tribus de l’est tandis qu’un décret promulgué par le sultan marocain Adb al-Rahman l’interdit d’entrée dans son royaume.

N’ayant plus d’autres choix, Abd el-Kader décide de négocier avec le général Lamoricière le 21 décembre 1847. Il accepte de se rendre à condition qu’on le laisse rejoindre Alexandrie ou Acre. Deux jours plus tard, il remet son cheval de bataille au gouverneur général français, Henri d’Orléans, en signe de reddition officielle. Malheureusement, le gouvernement français n’honore pas sa promesse et l’envoie, en captivité, en France au lieu de l’exiler en terre arabe.

 

Un nouveau départ

Arrivés en France, Abd el-Kader et sa famille sont d’abord emmenés à Toulon, puis à Pau avant d’être transférés à Ambroise. Si cette réclusion affecte considérablement la santé et le moral des proches de l’émir, elle attire l’attention de nombreuses personnalités  (Victor Hugo, Emile de Giradin, Emile Olivier, Lord Londonderry) qui, les unes après les autres, interpellent les politiques sur son sort. Sous la pression, le président français, Louis-Napoléon Bonaparte, le libère le 16 octobre 1852 et lui octroie une pension annuelle de 100.000 francs.

Après avoir prêté serment de ne plus déranger l’Algérie, Abd el-Kader s’installe à Bursa, en Turquie puis à Damas, en Syrie. Il passe ses journées à étudier, à prier et surtout à méditer jusqu’en juillet 1860. A cette époque, il est renvoyé au-devant de la scène en sauvant 1.500 chrétiens de Syrie du massacre provoqué par le conflit entre druzes et maronites du mont Liban. Ce geste lui vaut la grande croix de la légion d’honneur en France, la grande croix du sauveur en Grèce, l’ordre de la Médijidé 1ère classe en Turquie et l’ordre de Pie IX au Vatican.

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