Il y a huit ans, Mohammed Bouazizi s’immolait par le feu en Tunisie. Ce geste de désespoir, effectué en pleine rue, marque le déclenchement du printemps arabe. Rappel des faits.

 

Un martyr

Mohammed Bouazizi est un jeune bachelier chômeur de 26 ans habitant Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie. Orphelin de père, il vend des fruits et légumes pour subvenir aux besoins de sa famille. Mais ne disposant pas d’autorisation, il se voit fréquemment confisquer ses marchandises et ses outils de travail (balance et charrette) par les policiers.

A la mi-décembre, la même scène se reproduit mais Mohammed décide, cette fois-ci, de réagir. Il se rend alors au siège du gouvernorat pour essayer de comprendre : « pourquoi ne pouvait-il pas travailler ? », « pourquoi ne peut-il pas obtenir une autorisation ? ». Mais personne ne daigne à le recevoir ! Pire encore, il se fait expulser comme un malfrat.

Excédé par tant d’humiliations, le vendeur ambulant monte sur son étal et décide de s’immoler par le feu devant l’institution. Brûlé au troisième degré sur 70% de son corps, il tombe dans le coma et est rapidement transporté à l’hôpital local puis à Sfax et enfin au Centre des grands brûlés de Ben Arous, près de Tunis.

 

Une révolution

L’immolation par le feu de Mohammad n’est pas la première en Tunisie mais c’est celle qui a eu le plus d’impact. Et pour cause, elle est l’expression du ras-le-bol d’une génération tunisienne qui est en manque de perspectives car comme le martyr, beaucoup de jeunes sont qualifiés dans le pays mais n’arrivent pas à trouver du travail.

C’est ainsi que ce geste désespéré est devenu le déclencheur d’une révolution. Dès le lendemain, des dizaines de personnes manifestent leur colère devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid. Et malgré la répression, le mouvement prend de l’ampleur et gagne plusieurs autres villes du pays jusqu’à atteindre la capitale le 27 décembre.

Mohammad s’éteint le 4 janvier et près de 5.000 personnes assistent à ses funérailles. Son décès ne fait qu’amplifier la protestation jusqu’à l’effondrement du régime de Ben Ali, dix jours plus tard. Dans le monde arabe, plusieurs jeunes imitent son geste et de nombreuses révoltes éclatent : c’est le commencement du printemps arabe.

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