Le 17 décembre 1273 est décédé le père fondateur de l’ordre soufi des Mevlevis : Djalal el Din Rûmi. 745 ans plus tard, la pensée de Mevlâna reste bien vivante dans le cœur et l’esprit de ses adeptes.

 

Un grand hommage

Entre plusieurs épisodes de grand froid et un tremblement de terre, l’hiver de 1273 est particulièrement rude pour les habitants de Konya, dans l’actuelle Turquie. Parmi eux, Rûmi, âgé de 63 ans, n’est pas épargné. Déjà affaibli par la fatigue, l’état de santé du poète mystique se détériore au point où il est obligé de s’aliter. Mais après 40 jours de lutte contre sa maladie, il rend son dernier souffle le soir du 17 décembre 1273.

A l’annonce de son départ, de nombreuses personnalités se sont ruées chez lui pour rendre un dernier hommage au grand maître spirituel. Le lendemain, plusieurs centaines de personnes, sans différence de race ou de religion, ont accompagné sa dépouille enveloppée d’un simple drap dans les rues de Konya. Le corps de Rûmi est ensuite inhumé près de la tombe de son père, en respectant son souhait, dans un endroit appelé « le jardin du sultan » (Baq-e sultan).

 

Une apothéose

La mort est l’un des sujets sur lesquels Mevlâna a beaucoup médité. Pour lui, il s’agit d’une étape importante pour « permettre la renaissance, atteindre la vie éternelle et rencontrer l’Amour du Bien-Aimé ». « Bien que la tombe te semble une prison, c’est la libération de l’âme. Quelle graine fut semée dans la terre qui n’ait poussé ? Pourquoi avoir ce doute au sujet de la graine qu’est l’homme ? Quel seau n’a été plongé dans l’eau sans ressortir débordant ? Puisque tu as fermé la bouche de ce côté, ouvre-la de l’autre afin d’au-delà de l’espace retentisse ton cri de victoire ? » disait-il.

C’est dans cet esprit-là que Konya commémore chaque année la disparition du maître soufi. Appelé « La nuit des noces » (Sheb-el-arus), l’anniversaire dure une dizaine de jours durant lesquels se succèdent de nombreuses animations visant à rappeler les enseignements de Mevlâna. Ses adeptes, issus de la confrérie des derviches tourneurs, profitent aussi de cette célébration pour exécuter la Samâ ou la danse giratoire en honneur de leur maître.

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