Le 11 décembre 1960, la guerre pour l’indépendance de l’Algérie prend un tournant décisif quand d’importantes manifestations éclatent à Alger et dans plusieurs villes du pays.

 

Soulèvement national

Malgré le démantèlement du Front de Libération Nationale (FLN) après la bataille d’Alger, le sentiment nationaliste reste bien vivant dans le pays. Et pour preuve, la population algérienne décide de manifester son soutien aux indépendantistes le 11 décembre 1960.

Ce jour-là, dès 9h du matin, les rues de la capitale sont occupées par des milliers de manifestants issus principalement des quartiers populaires : Diar el Mahçoul, Belcourt, Kouba, Birkhadem, Diar el Ada, El Harrach… Ils scandent : « Vive le FLN », « le FLN vaincra » et « Algérie indépendante » et envahissent les quartiers européens comme la rue Michelet (rue Didouche Mourad actuellement) et Ban El Oued pour exprimer leur opposition aux colons.

Rapidement, la révolte s’étend à plusieurs autres villes dont : Oran, Bilda, Annaba, Constantine et Chlef jusqu’à embraser le pays entier. Les manifestations se transforment alors en un véritable soulèvement populaire au niveau national contre le colonialisme.

 

Tournant décisif

Durant plus d’une semaine, les manifestations sont violemment réprimées par les forces d’occupation (CRS et parachutistes). Selon les chiffres rapportés par l’historien français Gilbert Meynier, 120 personnes ont perdu leur vie durant cette répression dont 112 algériens (84 à Alger).

Néanmoins, cette révolte est un tournant décisif dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. D’une part, elle marque l’entrée en scène de la population civile qui semble déterminer à aller jusqu’au bout pour la cause nationale. D’autre part, elle attire l’attention des Etats extérieurs qui, les uns après les autres, condamnent la répression française. D’ailleurs, l’assemblée générale, par 63 voix et 8 contre (27 abstentions) vote une résolution réclamant l’autodétermination du pays. Quelques mois plus tard, De Gaule entame les négociations pour l’indépendance du pays avec le FLN à Evian.

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *