En l’an 36 de l’Hégire, aux alentours de Bassorah, s’est produit le premier conflit armé entre musulmans : la bataille du chameau. Retour sur cet événement qui va conduire à la division de la communauté musulmane.

 

La discordance

Après l’assassinat d’Uthmân ibn Affân en 656, Ali ibn Abi Talib est désigné pour le succéder. Mais il se retrouve rapidement dans une situation délicate. En effet, Aïcha (épouse préférée du Prophète (psl)), Talha, al-Zubayr, ‘amr ibn ul-‘As et Mu’âwiya (gouverneur de la Syrie), tous issus du Ban ‘Umaya, même clan que le calife précédent, réclament à ce que les meurtriers de ce dernier soient jugés puis exécutés en application du talion.

Ne voulant pas déclencher un embrasement généralisé, Ali rejette leur requête. Talha et al-Zubayr vont alors à La Mecque pour convaincre Aïcha de les accompagner à Bassorah (Irak). Ils espèrent y trouver des personnes qui peuvent soutenir leur cause. Après hésitation, Aïcha finit par accepter leur demande et ils se mettent aussitôt en route accompagnés de plus de 30.000 hommes. En apprenant la nouvelle, Ali décide aussi de rejoindre la ville, avec ses 20.000 soldats, dans le but de clarifier la situation aux trois compagnons et éviter ainsi la division de la communauté.

 

L’affrontement

Arrivés à Bassorah, les deux groupes se rencontrent et un accord est sur le point d’être conclu. Malheureusement, celui-ci ne verra jamais le jour. En effet, les insurgés qui ont assassiné ‘Uthman, craignant pour leur survie, décident d’attaquer le camp d’Aïcha à l’insu d’Ali. Les troupes d’Aïcha ripostent rapidement et les hommes d’Ali, pensant être attaqués, prennent à leur tour les armes.

L’affrontement dure une journée à l’issue duquel, les troupes d’Ali s’en sortent victorieuses tandis que Talha est tué par une flèche. Al-Zubayr qui a décidé de reprendre le chemin de Médine avant que les combats ne débutent, quant-à-lui, est assassiné dans son sommeil par ‘Amr ibn Jurmûz. La tragédie est baptisée « Bataille du chameau » en référence à la chamelle sur laquelle se tenait la mère des croyants. La tradition raconte d’ailleurs que la victoire s’est dessinée pour les hommes du calife au moment où l’animal s’écroule par terre.

Après les hostilités, Ali s’assure à ce que Aïcha puisse retourner en sécurité à Médine. Mais les soucis du nouveau calife sont loin d’être terminés puisqu’il doit, un an plus tard, affronter le gouverneur de la Syrie qui continue à renier son autorité durant la bataille de Siffin.

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