Le 07 décembre 1907 est né le grand chanteur et compositeur algérien Cheikh Sadek El Béjaoui, considéré comme le maître incontesté de la chanson andalouse, grâce à son apport considérable dans la conservation de ce patrimoine.

 

Une passion

Né à Béjaïa, en Algérie, dans une famille modeste du quartier de Bab El Louz, Sadek El Béjaoui affiche dès son très jeune âge son penchant particulier pour le chant, la musique et la poésie. À 26 ans, il quitte sa ville natale pour s’installer à Alger afin de faire la connaissance d’autres grands artistes. Un an plus tard, il part à Tlemcen, au nord du pays, où il enrichit son répertoire hawzi, grâce à sa rencontre avec cheikh Larbi Bensari, un maître du Gharnati et du Hawzi algérien. Sa voix de ténor, authentique et bien travaillée, lui permet de réaliser des interprétations rarement égalées, notamment  dans les répertoires classiques Maghrébin et le Hawzi. Il est aussi reconnu comme étant l’ambassadeur de la musique classique Algérienne non seulement dans tous les pays du Maghreb, mais aussi en Europe.

 

Un succès

Il rentre en 1936 à Béjaïa, avec une pleine maîtrise de la nouba, pour participer activement à la vie musicale et culturelle de la ville. Deux ans plus tard, en 1938, il est décoré par le Sultan du Maroc lors du Festival de Musique Arabo-Andalouse de Fès. En 1949, il participe aussi au Festival de Musique Arabo-Andalouse en Tunisie où il sera décoré par le Bey de Tunis du « Nichan El Iftikhar ». Il crée ensuite des associations culturelles qui seront dissoutes chaque fois par les forces coloniales. Moins d’un an après l’indépendance, il crée le conservatoire de musique du pays. Sous son impulsion, l’École de Béjaïa connaîtra un grand succès face à celles d’Alger, Constantine et Tlemcen. De 1963 à 1986, il y formera plusieurs générations d’artistes dont Abdelwahab Abdjawi, M’hamed Rédouane et El Ghazi.

 

Un héritage

À la fois riche et varié, le répertoire de Cheikh Sadek El Bejaoui comprend le hawzi, la poésie religieuse, le classique andalou, la musique citadine aârobi, la musique kabyle et l´écriture théâtrale. Parmi ses compositions musicales, on retrouve dans le Djed les fameux titres comme Medh Sidi Essoufi, Sellou Aâla Ennabi Sid Lessiyed. Et dans le Hezl, on peut citer Win Ahli Win, Mehla Del Aâchiya, El Hawa Ouel Houb. Mais en plus de ses chansons, il compose également un poème d’éloge funèbre destiné à son ami Cheikh Omar Bekhchi qu’il a rencontré dans les années 1930 à Tlemcen.

 

Peu avant son décès en janvier 1995, El Bejaoui a remis aux représentants de l’Office national de diffusion artistique (Onda) un répertoire de qassidate (de 260 œuvres) classées patrimoine public. 

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