Le 6 décembre 1992, la mosquée de Babri est détruite par une foule hindoue. 26 ans plus tard, retour sur cet événement qui a laissé des marques indélébiles en Inde.

 

Une discorde

La mosquée de Babri est construire en 1527 sur l’ordre du premier empereur moghol du même nom à Ayodhya, dans l’Etat de l’Uttar Pradesh. Avant 1940, elle est aussi appelée Masjid-i-Janmasthan qui signifie « la mosquée de la naissance » et est fréquentée autant par les musulmans que par les hindous.

Mais des tensions commencent à surgir dès 1980 quand plusieurs partis politiques instrumentalisent le débat d’Ayodhya pour promouvoir le nationalisme hindou.  Il faut noter que la ville est considérée, par cette communauté, comme l’un des sept lieux les plus sacrés en Inde. Aussi, leur tradition affirme qu’avant la mosquée, le terrain abritait un temple dédié à Rãma, un prince très vénéré dans la région.

Or, cette thèse n’est soutenue par aucun écrit historique. Le Tarikh-i-Babari rapporte la démolition de plusieurs temples durant le règne de Babur (1526 à 2530) mais celle-ci s’est produite à Chanderi, à Madhya Pradesh.

 

Une destruction

Le 6 décembre 1992 au matin, plus de 150.000 personnes se massent à Ayodhya suite à un appel lancé par des nationalistes. Si le rassemblement débute dans le calme, il ne tarde pas à se transformer en émeute. Vers midi, plusieurs jeunes escaladent alors la mosquée pour atteindre les dômes et y planter un drapeau hindou. Ils vont ensuite passer plusieurs heures à saccager l’édifice jusqu’à ce qu’il tombe en ruine.

Cet événement est à l’origine de plusieurs affrontements communautaires à travers l’Inde durant les mois suivant la démolition. En tout, plus de 15.000 personnes y laissent leur vie notamment à Bombay, Surat, Delhi ou encore Ahmedabad. Et il continue aujourd’hui à être utilisé comme thème de propagande par les nationalistes même si le Jaïn Samata Vahini, organisation sociale des jaïns, revendique que le temple détruit appartenait plutôt à leur communauté (vers le VIème siècle).

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