Un pillage et une relation déjà tendue entre le Maroc et la France entraînent le bombardement français de Salé le 26 novembre 1851. Retour sur l’issue de cet affrontement.

 

Une mésentente

Pour contrer l’invasion française en Algérie, Adb el-Kader sollicite l’aide du sultan marocain Adderrahmane. Celui-ci répond favorablement à son appel et lui apporte un soutien militaire, ce qui est mal vu par les autorités coloniales. Pour le faire savoir, ces dernières n’hésitent pas à entrer en guerre avec le Maroc en 1844. Certes, le traité de Tanger met fin à l’affrontement mais les relations diplomatiques entre les deux pays ont été fortement fragilisées.

Le 1er avril 1851, un navire français allant de Gibraltar vers Rabat chavire près des côtes salétines. Plusieurs tonnes de marchandises dont du blé ont pu être sauvées puis stockées à Salé. Mais la cargaison est pillée par quelques habitants de la ville dès le lendemain. Face à ce pillage, la France réclame un dédommagement sur ce qu’elle qualifie de « actes de piraterie » au sultan marocain mais celui-ci ignore sa demande.

 

7 heures de bombardement

Le gouvernement français décide alors d’obtenir réparation par la force. Ainsi, il envoie une flotte composée de cinq navires pour « donner une leçon » à Salé. Apprenant la nouvelle, le pacha de la ville, Abdelhadi Zniber, fortifie sa défense avec des renforts venant de Rabat.

L’affrontement débute le 26 novembre à partir de 10 h. Les français ouvrent le feu en premier mais les marocains arrivent à riposter chaque attaque. Malheureusement, malgré leur résistance, ils sont obligés de baisser leurs armes au bout de sept heures de bombardement. Le sultan marocain accepte alors de négocier en payant la somme exigée par l’Hexagone.

Les dégâts sont importants à Salé : de nombreuses infrastructures ont été détruites dont la Grande Mosquée et 18 à 22 personnes ont perdu la vie (2/3 sont des civils). Néanmoins, les salétins voient en ce bombardement une victoire de l’islam contre les infidèles. En effet, cet événement permet au pacha de Salé d’arrêter les fauteurs de troubles avant de les exiler.

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