En plus de cinquante années de brillantes carrières dans le monde de la mode, le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa décède le 18 novembre 2017. Retour sur le parcours de l’idole des fashionistas dans les années 80-90.

 

Un passionné

Né le 26 février 1940 à Tunis, Azzedine débarque à Paris dans les années 60. Passionné de confection depuis son plus jeune âge, il rejoint la maison Dior, sous la direction d’Yves Saint Laurent, en tant que tailleur. Malheureusement, il est obligé d’abandonner son poste, cinq jours plus tard, pour faute de papiers.

Cela ne le démotive pas pour autant ! Il rejoint rapidement l’atelier de Guy Laroche pour se perfectionner puis celui de Thierry Mugler. Ces expériences lui permettent de rencontrer les grandes familles parisiennes au point de constituer sa propre clientèle privée.

 

Un artisan-couturier

C’est dans la rue de Bellechasse qu’Azzedine ouvre son petit atelier dans les années 1970. Le couturier se fait rapidement un renom pour son travail remarquable près du corps, ses formes soulignées et ses lignes moulantes. Ce n’est donc pas étonnant que de nombreuses personnalités, venant des quatre coins du monde, se sont ruées à sa porte telles que Naomi Campbell, Tina Turner, Linda Evangelista, Grace Jones…

En quelques années, Azzedine parvient à s’imposer comme le virtuose de la couture. Il reçoit d’ailleurs, en 1985, deux oscars de la mode pour récompenser son travail acharné.  Mais préférant la discrétion, il se prête difficilement au jeu des médias  (interviews et autres publicités) et préfère les défilés intimistes aux shows spectaculaires. Et anticonformiste, il refuse de se plier à l’agenda officiel de la mode, ce qui lui vaut pas mal de critiques.

 

Tout un héritage

En novembre 2017, Azzedine est victime d’une mauvaise chute dans les escaliers. Il est vite évacué à l’hôpital Lariboisière à Paris mais son état est particulièrement grave. Il plonge dans le coma pendant une dizaine de jours avant de rendre son dernier soupir dans la nuit du vendredi au samedi. Le couturier s’éteint ainsi à l’âge de 77 ans le 18 novembre 2017.

L’annonce de sa mort suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et les médias. Mais à l’image du grand couturier, ses funérailles se déroulent dans la plus stricte intimité en Tunisie. Après une brève halte à la mosquée, le corps d’Azzedine est inhumé auprès des siens à Sidi Bou Said, à une vingtaine de kilomètres de Tunis. Pour lui rendre hommage, la maison Alaïa a présenté en janvier dernier une exposition intitulée « Azzedine Alaä : The Couturier » et a lancé l’ouverture d’une Fondation portant son nom. Celle-ci est destinée à « abriter tous les trésors de la Maison et de son créateur ».

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