Le 18 novembre 1955, la « fête du trône » se transforme en un moment historique. Retour sur cette date marquant la fin du protectorat et le début d’une nouvelle ère au Maroc.

 

Discours du Trône

Ce vendredi-là, le royaume chérifien est en ébullition notamment Rabat où leur souverain s’apprête à célébrer la « fête du Trône », deux jours après son retour d’exil. Hommes, femmes, enfants… Civils, militaires… tous se ruent en direction des ruines de la mosquée Hassan pour assister à cet événement important. En tout, ils sont près de 100.000 à s’être déplacés pour cette occasion.

Mohammed Ben Youssef prend la parole après la grande prière du vendredi. Du haut de ses 46 ans, le sultan annonce avec fierté « la fin du régime de tutelle et du protectorat et l’avènement de la liberté et de l’indépendance ». Cette déclaration est naturellement suivie par les cris du peuple qui exprime sa joie de sortir enfin du joug colonial après plus de 43 ans de protectorat français.

 

Un Etat démocratique

Bien que cette auto-proclamation soit unilatérale, elle accélère le protocole visant à établir « un Etat démocratique à monarchie constitutionnelle » au Maroc. La France annonce ainsi la fin effective du protectorat le 2 mars 1956. De son côté, l’Espagne reconnaît l’indépendance du pays le 7 avril de la même année mais ne restitue qu’une partie du littoral marocain. Il faudra attendre la Marche verte en 1975 pour que le royaume récupère ses « provinces du Sud ».

Le 18 novembre marque ainsi le passage du Maroc sous protectorat à un Maroc « moderne ». Néanmoins, cette date n’est instituée « fête de l’indépendance » qu’à partir de 1962 en hommage au « Libérateur de la Nation ». Outre le discours historique, celle-ci coïncidait en effet avec l’anniversaire de l’accession au trône de Mohammed V.

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