Le 15 novembre 2003 marque la disparition de Mohamed Choukri, le romancier marocain mythique dont l’œuvre majeure est  « Le Pain nu », le livre culte devenu un classique de la littérature arabe.  

 

Sa mort, une grande perte

Le célèbre romancier Mohamed Choukri, à 63 ans, succombe à un cancer à l’hôpital militaire de Rabat où le roi Mohammed VI le fait admettre. Peu avant sa mort, l’écrivain vit encore dans un petit logement modeste à Tanger, avec ses nombreux livres et manuscrits.

Sa dépouille sera  inhumée au cimetière Marshan dans la ville du détroit de Gibraltar, en présence du ministre de la Culture, de hauts fonctionnaires, de personnalités du monde de la culture et du porte-parole du palais royal. Durant les funérailles, le message du Roi à la famille du défunt sonnera comme un hommage exceptionnel, faisant référence à ses œuvres littéraires et à sa renommée internationale. Avant de quitter ce monde, le souverain créé la fondation Mohamed Choukri, présidé par Mohamed Achaâri, chargé de veiller sur son œuvre.

 

Ses œuvres, tout un héritage

Né en 1935 à Ayt Chiker, au Maroc, Mohamed Choukri, vient d’une famille pauvre. A l’âge de 11 ans, il s’enfuit et devient enfant des rues, à Tanger. Il survit grâce à de petits métiers comme guide pour marins et apprend en même temps l’espagnol. Côtoyant la violence, la misère, la prostitution et la drogue, il est emprisonné par les espagnols à l’âge de 20 ans. C’est durant ce séjour en prison qu’il fait une rencontre qui va changer à jamais le cours de sa vie : un partisan de l’indépendance lui apprend à lire et à écrire l’arabe, l’aide à poursuivre des études pour devenir instituteur, puis professeur. C’est alors que Mohamed Choukri se met à l’écriture.

Choukri a à son actif plusieurs ouvrages dont La tente (1985), Le Fou des roses (1992), Zoco Chico (1996) sans oublier les recueils de mémoires sur ses rencontres avec les grands écrivains américains et français : Jean Genet et Tennessee Williams à Tanger (1992), Paul Bowles. Le Reclus de Tanger (1997). Toutefois, son oeuvre principale reste la trilogie autobiographique commencée avec « Le Pain nu » (1980), suivi de « Le Temps des erreurs » (1994), puis de « Visages » (1996) qui connaissent tous une diffusion mondiale. Mais c’est le premier livre, rédigé initialement en arabe, qui fait un plus grand succès international après la traduction en anglais de Paul Bowles. Il est interdit au Maroc ( de 1983 à 2000) mais sera traduit en 39 langues.

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