Dans la nuit du 9 novembre 1989, devant les caméras du monde entier, de jeunes allemands brisent ce qui sépare les parties Est et Ouest de l’Allemagne : le mur de Berlin !

                 

Manifestations populaires

Un mois plus tôt, le 9 octobre, Leipzig se préparait pour son Montagsdemonstrationen, des manifestations pacifiques organisées tous les lundis après la prière pour la paix dans la ville depuis 1980. Visant à empêcher le rassemblement, huit mille policiers et soldats se sont mobilisés sur les lieux. Mais les leipzigois ne semblaient pas intimider puisque 700.000 d’entre eux descendent malgré tout dans les rues.

Rapidement, les autorités sont débordées par la foule qui scande « Gobi », « Wir sink das Volk » (nous sommes le peuple), « Keine Gewalt » (pas de violence)… En partant de Nikolaikirche, les manifestants défilent sur le Leipziger Ring puis la gare de la ville avant d’assiéger le quartier général de la Stasi (police allemande). Cette dernière ne cesse d’appeler Berlin pour recevoir l’ordre d’ouvrir le feu mais celui-ci n’arrivera jamais.

A partir de là, la contestation enfle à Leipzig. Les étudiants et les artistes participent même aux manifestations qui arrivent à rassembler 120.000 personnes le lundi prochain, puis 320.000 en deux semaines avant d’atteindre les autres grandes villes de la République Démocratique Allemande (RDA). Et ils seront de plus en plus nombreux jusqu’à la chute du mur de Berlin le 9 novembre.

 

« Mur de la honte »

Ce jour-là, Günter Schabowski, secrétaire du comité central chargé des médias en RDA, laisse entendre lors d’une conférence de presse, retransmise en direct à la télévision et à la radio, que « Le Mur est ouvert ! » et que cette décision prend effet « immédiatement« .

Quelques minutes suivant cette déclaration, plusieurs milliers de berlinois de l’Est se ruent aux points de passage et réclament de passer. Celui au niveau de la Bornholmer Straße est le premier à s’ouvrir vers 23h, suivi des autres points quelques minutes après. C’est ainsi que le mur de la honte « s’écroule » après plus de 28 années d’existence même si la démolition réelle du mur n’aura lieu que deux jours après, le 11 novembre.

Plus qu’un simple mur, cet édifice de 3,6 mètres de haut était le symbole de la division de l’Europe en deux blocs bien distincts depuis 1961. Sa chute permet ainsi non seulement la réunification de l’Allemagne mais aussi à l’effondrement du communisme dans le continent européen d’où son appellation « die Wende » (le tournant) par les allemands.

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