Le 9 novembre 1877 est né Muhammad Iqbal, à la fois poète, barrister et philosophe de l’époque de l’Inde britannique. Mais il est surtout considéré comme le père spirituel du Pakistan, créé quelques années après sa disparition.

 

Un intellectuel

Muhammad Iqbal voit le jour à Sialkot dans le Pendjab en Inde britannique (actuel Pakistan). Il est issu des brahmanes du Cachemire convertis à l’islam depuis des siècles. Il commence ses études dans sa ville natale et se fait remarquer dès son jeune âge pour son talent de poète. C’est ainsi qu’il côtoie les grands maîtres de la poésie ourdou comme Dagh.

Encouragé par ses professeurs, dont l’érudit Maubi Mir Hasan, Iqbal s’installe à Lahore (devenu un important centre culturel) en 1895, pour faire ses études universitaires. Dix ans plus tard, il s’envole pour l’Europe et étudie à Trinity College à Cambridge, puis en Allemagne avant de devenir professeur d’arabe à l’université de Londres. En plus d’élargir sa connaissance, Iqbal profite de ce long séjour pour côtoyer d’autres grands poètes, philosophes et islamologues européens comme Bergson et Louis Massignon.

Une fois revenu à Lahore en 1908, il laisse derrière lui son titre d’enseignant et se consacre à la vie politique de son pays. En 1927, Iqbal est alors élu à l’Assemblée législative du Pendjab puis devient président de la session de la Ligue musulmane en 1930. Il joue ensuite un important rôle dans la naissance du Pakistan même s’il est parti bien avant que son pays ne retrouve son indépendance.

 

L’influence de ses œuvres

Surnommé Shair-i-Mashriq ou poète de l’Orient, les œuvres d’Iqbal sont actuellement étudiées partout au Pakistan et dans le monde. Son influence résulte du fait qu’il « reconstruit » la pensée religieuse à travers un regard dynamique créatrice qui défend l’importance de l’effort d’interprétation (l’ijtihad) et d’adapter l’Islam aux contextes présents. De ce fait, Iqbal appartient au courant libéral de l’Islam.

Ses travaux sont écrits en persan (Les Secrets du moi, Lahore 1915, etc.), en ourdou (L’Aile de Gabriel, Lahore 1935, etc.) ou en anglais (The Development of Metaphysics in Persia, Londres 1908, etc.). Mais son œuvre principale est, certes, le livre intitulé « Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam », publié en 1930. Traduit en français par Eva de Vitray-Meyerovitch, cet ouvrage fait un état des lieux de la pensée musulmane et de son apport à la pensée universelle. Il y met en parallèle les théories de penseurs musulmans et occidentaux pour faire découvrir la grandeur de la philosophie musulmane.

Le 21 avril 1938, Iqbal meurt, le sourire aux lèvres, laissant ce quatrain devenu célèbre : « Lorsque je quitterai ce monde, chacun dira « Je l’ai connu ». Mais la vérité est, hélas, que personne ne savait qui était cet étranger ni d’où il venait. »

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