Le 5 novembre 1909 est née la docteur en islamologie : Eva de Vitray-Meyerovitch, considérée comme ambassadrice d’un islam ouvert et de paix. Ses œuvres permettent actuellement à de nombreux chercheurs de mieux comprendre le soufisme et les pensées de Jalâl ud Dîn Rûmî.

 

Une brillante intellectuelle

Née à Paris, Eva de Vitray-Meyerovitch passe sa scolarité dans des établissements catholiques. Plus tard, après une licence de droit, elle opte pour une formation doctorale en philosophie. Elle devient, à 22 ans seulement, administratrice au laboratoire du physicien et chimiste Frédéric Joliot-Curie. Et, après la Seconde Guerre mondiale, elle entre au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) où elle dirige le service « Sciences humaines » tout en exerçant le métier de traductrice.

 

Une chercheuse amoureuse de l’islam

C’est en 1950 qu’elle découvre l’islam à travers le livre du grand penseur indien Muhammad Iqbal intitulé « reconstruire la pensée religieuse de l’islam ». Eva est tout de suite séduite et n’hésite pas à faire le grand saut pour devenir une musulmane à part entière.

Une fois convertie, elle affiche un intérêt très particulier pour les œuvres du célèbre poète persan : Jalâl ud Dîn Rûmî. Ce qui va la sensibiliser sur le côté mystique de l’islam : le soufisme. Un peu plus tard, elle décide d’apprendre le persan et publie ses premières traductions de Rûmî et d’Iqbal : Message de l’Orient (1956), Le Livre de l’éternité (1962) Et en 1968, elle obtient son diplôme de doctorat, avec comme sujet de thèse : « Thèmes mystiques dans l’œuvre de Jalâl ud Dîn Rûmî » avant d’enseigner à l’université Al Azhar, au Caire (de 1969 à 1973).

Elle publie, à partir de 1972, des traductions commentées de Rûmi ainsi que des ouvrages sur l’islam et le soufisme dont : Odes Mystiques (1973), Anthologie du Soufisme (1978), Les Chemins de la Lumière (1982), L’Image de l’Homme dans le Christianisme et l’Islam (1984) En 1990,  elle met aussi au grand jour sa traduction de Mathnawi de Rûmi, donnant ainsi au public francophone l’accès à une des œuvres majeures de l’islam : le Mathnawi, exégèse du Coran, un enseignement constitué de 50 000 vers et 1 700 pages. Et, en 1995, elle sort Islam, l’autre visage : c’est le fruit de ses près de 15 ans de travail, pour faire découvrir les fondements mystiques de cette religion.

 

Une adepte du soufisme

Tout au long de son parcours intellectuel, Eva fait la connaissance de plusieurs grandes figures du soufisme comme Najm Oud Din Bammate, Amadou Hampâté Bâ ou encore Faouzi Skali. Forte de ses connaissances, elle ne cesse alors de délivrer des conférences en France et à l’étranger. C’est ainsi qu’elle rencontre, en 1985 au Maroc, un chef spirituel soufi, Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi, dont elle suivra l’enseignement jusqu’à son dernier souffle, le 24 juillet 1999.

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