Le 4 novembre 1290 est marqué par le décès de Qala’ûn, sultan mamelouk bahrite d’Egypte de 1279 à 1290. Retour sur son parcours et les événements les plus marquants de ses 11 années de règne.

 

Le mamelouk victorieux

Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala’un, aussi connu sous le nom de Qala’ûn ou Kélaou, est né vers 1222. Il débarque en Egypte en tant qu’esclave du prince ayyoubide Ala’ Ad-Din Aqsunqur qui l’a acheté pour mille dinars, d’où le surnom « al qala’un alfî » (alfî = mille). A la mort de celui-ci, il est obligé de fuir en Syrie et ne fera son grand retour qu’à la mort du sultan al-Muizz Aybak en 1257.

Il rejoint ensuite l’armée égyptienne et gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir commandant suprême des armées. C’est avec ce titre qu’il mène ses troupes à la victoire durant la bataille d’Aïn Djalout qui permet aux mamelouks de freiner la progression des mongols au Proche-Orient. Devenu une personnalité influente, il accède au trône en 1279.

Stratège, il met en œuvre une politique d’alliance avec les byzantins et les kiptchaks. C’est ainsi qu’il remporte la victoire sur les mongols d’Abaqa lors de la bataille de Homs le 29 octobre 1281. Fort de cette victoire, il multiplie les conquêtes et s’empare de la forteresse des Hospitaliers de Margat (25 mai 1285) puis de Tripoli (en mars 1289).

 

Le roi pacifique

Malgré la pression de ses émirs qui veulent en finir avec les Francs d’Acre, le sultan refuse de briser le traité de 1283 et renouvelle même, en 1289, la trêve pour 10 ans. Ainsi, il appelle plutôt les musulmans à profiter de Saint-Jean-d’Acre pour améliorer leurs échanges commerciaux avec l’occident, par l’intermédiaires des Templiers, des marchands damascènes et vénitiens, devenus principaux banquiers de Syrie.

Mais après la chute de Tripoli, le roi d’Acre Henri envoie des messagers à Rome pour solliciter des renforts. Une grande flotte occidentale débarque ainsi à Acre. Par conséquent, des commerçants damascènes sont agressés, dévalisés et tués par les Croisés. Bien que, plus tard, l’ordre soit rétabli dans la ville, cela ne va pas durer puisque la situation dégrade fin août 1289. Le sultan Qala’ûn envoie alors un messager à Acre pour solliciter des explications et pour que les assaillants  lui soient livrés. Mais les Francs refusent sa requête obligeant ainsi le sultan à rompre la trêve.

Le 4 novembre 1290, les mamelouks progressent, mais le lendemain même, Qala’ûn est atteint d’une maladie grave. Près d’une semaine après avoir fait jurer à son fils Khalil et ses émirs de poursuivre jusqu’au bout la campagne.

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