Le 26 dhû al-hijja de l’an 23 de l’Hégire, Omar ibn al-Khattâb est assassiné en pleine prière. Mais avant de partir, il a toutefois eu le temps de transformer l’état islamique de Médine en un nouvel empire et d’établir ses bases.

 

Dix ans de règne

Après l’avoir combattu, Omar ibn al Khattâb se convertit à l’islam et devient l’un des plus fidèles disciples de Muhammad (psl) en 616. Il est ensuite nommé deuxième calife de l’Etat musulman naissant de Médine lorsque Abû Bakr décède en 634.

Son califat est marqué par de nombreuses réformes visant à mieux diriger l’oumma. C’est lui, par exemple, qui a défini les rituels à suivre durant le hajj ou le pèlerinage : le tarwâf (tour de la Kaaba), le sermon et le recueillement au pied du mont ‘Arafa et la fête de sacrifice (Aïd). C’est aussi lui qui a institué l’ère de l’Hégire comme le point de départ du calendrier musulman et qui a inclus les non-musulmans dans le droit à la zakât.

Outre ces réformes sur le plan religieux, le califat d’Omar apporte aussi de grands changements sur le plan militaire. Et pour cause, le calife met en place une armée structurée et hiérarchisée. C’est cette réorganisation qui va permettre ensuite aux musulmans de conquérir rapidement les territoires sous domination byzantine et perse. En dix ans de règne, l’Etat médinois se transforme ainsi en un Empire organisé.

 

Une perte brûtale

Suite à ces nombreuses conquêtes, la ville de Médine voit accueillir plusieurs esclaves. Parmi eux, un jeune persan du nom de Faryûz et surnommé Abû Lu’lu’a. Il a été capturé par l’armée musulmane lors de la bataille d’al-Qadisiyyah puis ramené par le commandant al-Mughira ibn Sha’ba chez lui pour ses talents d’artisan.

Un matin d’automne, alors qu’Omar dirigeait la prière du fajr, l’esclave se jette sur lui et l’assène de plusieurs coups de couteau. L’assaillant est rapidement cerné par les fidèles et décide de se donner la mort. Le calife, quant à lui, s’effondre après avoir été poignardé à six reprises mais réussit à survivre encore trois jours à ses blessures. Ce temps lui permet de former un comité chargé de désigner son successeur et de demander à Aisha la permission d’être enterré auprès du Prophète (psl) et d’Abû Bakr.

Les raisons qui ont poussé Faryûz à commettre ce meurtre continuent encore à diviser les historiens. Ce qui est sûr c’est que ce terrible épisode est un tournant décisif dans l’histoire de l’islam. En effet, non seulement il va freiner l’expansion musulmane mais il va aussi engendrer un problème politique, lié à la succession au poste de califat, qui va éclater sous ’Uthmân ibn Affân.

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