Le 31 octobre 1973, à l’âge de 68 ans, le grand écrivain et penseur algérien Malek Bennabi quitte ce monde mais laisse derrière lui un héritage intellectuel : une nouvelle approche historique et spirituelle de l’islam.

 

La fin de sa vie

Souffrant d’une prostate métastasée, Malek Bennabi est traité dans un hôtel parisien, la Pitié-Salpêtrière, en septembre 1973. Les médecins font tout leur possible pour améliorer son état mais rien n’y fait, le patient tombe souvent dans le coma. Quelques semaines plus tard, le verdict du corps médical est sans appel : plus rien ne peut être fait pour lui. Apprenant la triste nouvelle et voulant respecter le souhait de Bennabi, sa famille le ramène rapidement en Algérie où il s’éteint dans son domicile le 31 octobre.

Son corps est transporté, dès le lendemain, à la mosquée de l’Université d’Alger où est célébrée la prière des morts. Un long cortège porte ensuite sa dépouille jusqu’au mausolée de Sidi M’hamed à Alger, où il est inhumé aux côtés de Aly al-Hammamy et du Dr. Khaldi. S’y trouve également la tombe de Cheikh Bachir al-Ibrahimi, le fondateur des oulémas musulmans algériens, décédé en mai 1965.

 

Une vie au service d’une pensée

Né à Constantine le 1er janvier 1905, Malek Bennabi a vécu l’apogée du colonialisme français, l’éveil de la conscience musulmane, l’organisation du mouvement national algérien et l’indépendance du pays. De ce fait, il s’inscrit dans le sillage du réformisme musulman orthodoxe représenté par Ibn Bâdîs. Il appartient aussi à cette nouvelle génération d’écrivains algériens d’expression française après la Seconde guerre mondiale. Et c’est de cette mixtion et synthèse des genres que la pensée de Malek Bennabi tire son originalité : il écrit à partir du point de vu de l’Islam, en langue française et dans une perspective de libération nationale et civilisationnelle.

En effet, ce grand écrivain algérien a mis de l’avant une toute nouvelle approche à la fois historique et spirituelle de l’islam. Selon lui, « l’idée religieuse » se prouve, a priori, dans sa révélation et, a posteriori, dans son efficacité sociale. La spiritualité est vue sous l’angle social, et la civilisation musulmane est analysée par une esquisse de philosophie de l’histoire où il examine des lois divines qui sont immuables. Il dégage de ces lois des règles de « décollage » d’une société vers la civilisation.

Parmi ses œuvres, on retrouve le Phénomène coranique (1947), Le problème de la culture (1957), Idée du Commonwealth islamique (1959), Le Musulman dans le Monde de l’économie (1972). Et dans ses éditions les plus récentes, on a, entre autres, Colonisabilité, Dar El-Hadhara (2003), La lutte idéologique dans les pays colonisés, Ed. Samar, Alger (2010). 

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