L’auteur du célèbre roman « Nedjma », Kateb Yacine est décédé le 28 octobre 1989 à l’âge de 60 ans des suites d’une leucémie. Dans l’esprit du peuple algérien, il restera cet écrivain qui, avec ses mots, a su porter la littérature de leur pays au cœur de l’universalité.

 

Un militant 

Mohammed Khellouti est né le 2 août 1929 à Constantine. Ayant un goût prononcé pour les livres et la lecture, il décide de changer son nom en Kateb qui signifie « écrivain » en arabe.

Il est encore au lycée quand les manifestations du 8 mai 1945 éclatent en Algérie. Faisant partie des manifestants, il est arrêté à Sétif puis emprisonné durant trois mois. A sa sortie, il apprend que quatorze membres de sa famille ont été tués et découvre sa mère en train de sombrer dans la folie.

Traversant une phase d’abattement, il est envoyé par son père à Annaba où il tombe amoureux d’une de ses cousines : Zoulheika qu’il surnomme Nedjma (étoile). Cette période bouleversante de sa vie devient l’élément déclencheur de sa vocation littéraire.

 

Amour et révolution 

Kateb publie son premier recueil de poèmes intitulé Soliloques (inspirés des massacres de Sétif) en 1946 suivi de Abdelkader et l’indépendance algérienne, deux ans plus tard. L’amour et la révolution deviennent ainsi ses principales sources d’inspiration.

C’est avec ces mêmes essences qu’il rédige, en 1956, son chef d’oeuvre : Nedjma. Il y raconte la vie de quatre hommes, éperdument amoureux d’une jeune femme si inaccessible et si convoitée. Cette image reflète celle d’une Algérie toujours en formation et son indépendance fantasmée. Ainsi, outre la quête d’un amour impossible, l’histoire évoque la question de l’identité : celle des personnages d’une part et celle de la Nation de l’autre.

Pour sa complexité et sa maturité littéraire, Nedjma est considérée comme le fondateur de la littérature algérienne moderne. Elle devient d’ailleurs une référence permanente dans l’oeuvre de Kateb. Ainsi, les fragments qui n’ont pas trouvé de place dans le roman sont développés dans Polygone étoilé (1966) mais aussi dans les pièces théâtrales telles que : Le Cercle des représailles. Le Cadavre encerclé… Viennent ensuite de nombreux travaux traitant divers sujets tels que : Les Ancêtres redoublent de férocité (1967), Mohamed, prends ta valise (1970), Le Poète comme un boxeur (1994), Minuit passée de douze heures (1999)… La plupart d’entre eux sont conservés à la bibliothèque de Grenoble, créée en 2005 et qui porte le nom de l’auteur.

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