Le 22 octobre 1989 est signé l’accord de Taëf, destiné à faire cesser la guerre civile qui sévit au Liban depuis 1975. Ce traité de paix prévoit de modifier la répartition des pouvoirs, de renforcer la présence militaire syrienne dans le pays et de désarmer les milices.

 

Les acteurs

Le Liban sombre dans une guerre civile sanglante, faisant plus de 100 000 morts, en 1975. Pour mettre un terme au conflit, la Ligue des Etats arabes décide d’intervenir en 1989. Un comité triparti formé par l’Arabie saoudite, le Maroc et l’Algérie organise alors la médiation et réunit les protagonistes du conflit à Taëf, en Arabie saoudite.

À l’issue des négociations, les 62 députés libanais (31 Musulmans et 31 chrétiens), concluent le document baptisé « accord de Taëf » visant, entre autres, à réorganiser le système politique confessionnel qui régit le pays depuis son indépendance en 1943. Cet ancien régime connu sous le nom de « Pacte national » répartit en effet les pouvoirs entre les maronites, chiites, druzes, sunnites, orthodoxes et grecs-catholiques.

 

Les dispositions de l’accord

L’accord de Taëf augmente ainsi le nombre de députés pour assurer la parité entre musulmans et chrétiens. Par ailleurs, les dossiers en conseil des Ministres seront également répartis de façon égale entre les différentes communautés religieuses. L’accord met aussi en place une troïka qui va diriger le pays. Par conséquent, les pouvoirs du président maronite sont réduits en faveur de ceux du président chiite du Parlement et du chef du gouvernement sunnite.

Cet accord prévoit également le maintien de l’influence militaire syrienne au Liban : une mesure jugée nécessaire par certaines classes politiques libanaises pour affronter les menaces israéliennes au sud du pays. Pourtant, ce renforcement de la présence syrienne au Liban est l’un des points les plus critiqués de l’accord de Taëf, et ce notamment par la communauté chrétienne libanaise qui y voit l’instauration d’une tutelle, voire d’un protectorat syrien dans le pays. Parmi les mesures prévues dans le document, on retrouve aussi le désarmement des factions armées libanaises.

Mais de nombreux points de l’accord ne sont appliqués que partiellement ou tardivement. Ainsi, une partie de la classe politique libanaise continue de le décrier, tandis que ceux qui le défendent le qualifient comme la seule solution pour mettre fin aux hostilités dans le pays.

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