A cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le théâtre d’un massacre particulièrement sanglant : 150 à 200 algériens ont été tués ce jour-là. Retour sur le déroulement de cet événement tragique…

 

Une situation tendue

Sept ans après la « Toussaint Rouge », l’indépendance de l’Algérie devient indubitable. Toutefois, la guerre continue et elle s’est même transportée en métropole où les attentats visant des policiers français se multiplient. Un couvre-feu est alors instauré mais seulement à l’encontre des personnes originaires d’Afrique du nord. Ce qui rend la relation entre les autorités françaises et les indépendantistes algériens de plus en plus tendue.

 

Une manifestation pacifique

Pour contester cette mesure discriminatoire, le Front de Libération Nationale (FLN) appelle les algériens en France à manifester pacifiquement sur les Champs-Elysées le 17 octobre.

Hommes, femmes et enfants répondent à leur appel et se ruent aux trois points de rendez-vous : la place de l’Etoile, la place Saint-Michel et les Grands boulevards. Mais la plupart d’entre eux sont rapidement interpellés par les autorités et sont embarqués dans des bus. Néanmoins, près de 40.000 personnes parviennent à défiler en cortège vers 19 heures. Face à une telle foule, les 7.000 policiers mobilisés se retrouvent rapidement submergés.

Sous les ordres du préfet de police Maurice Papon, la manifestation est réprimée violemment. Les policiers utilisent des balles réelles et des matraques pour disperser la foule. Par ailleurs, des hommes sont jetés dans la Seine depuis les ponts d’Argenteuil, d’Asnières et de Neuilly.

 

Un bilan flou

Dès le lendemain du drame, le préfet de police fait état de 3 morts parmi les manifestants. Mais ce bilan est rapidement revu à la hausse par une commission d’enquête qui avance 25 décès en 1998. Certains historiens, de leurs côtés, estiment que ce massacre a coûté la vie à près de 200 algériens.

 

Pendant plusieurs décennies, cet événement tragique a été occulté de la mémoire collective. Ce n’est qu’en 2012 que François Hollande reconnaît enfin « les souffrances de la colonisation ». Depuis, de nombreuses associations réclament à ce que le 17 octobre devienne officiellement une journée nationale de commémoration en hommage aux victimes de cette répression.

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