Le 15 octobre 1963, les derniers soldats français évacuent le port de Bizerte. Cet événement marque la fin de 82 ans de présence militaire française en Tunisie.

 

Un affrontement inévitable

En 1956, la Tunisie obtient son indépendance. Cependant, la France maintient une présence militaire dans deux zones dont la base navale de Bizerte, perçue comme un point stratégique. Souhaitant le départ de toute l’armée française du sol tunisien, le président Habib Bourguiba se rend à Paris en février 1961 pour évoquer avec De Gaulle l’évacuation de la base navale mais le président français ne fléchit pas.

Quelques mois plus tard, l’annonce des travaux d’agrandissement de la base survient comme une provocation. Le 19 juillet 1961, l’armée tunisienne décide alors d’attaquer la base mais l’affrontement se tourne au drame : 632 tués du côté des tunisiens dont 330 civils. Le lendemain, Bourguiba saisit le Conseil de Sécurité de l’ONU et rompt toutes relations diplomatiques avec la France. Le 21 et 22 juillet, le Conseil de Sécurité se prononce en faveur du retrait de l’armée française et les négociations sur la question de Bizerte débutent à Paris le 15 janvier 1962.

 

Un grand jour pour les tunisiens

Le 15 octobre 1963, les derniers navires militaires français se préparent à quitter la base navale de Bizerte. Vers l’après-midi, on assiste à une petite cérémonie où on aperçoit un officier français décrochant le drapeau tricolore. Celui-ci embarque ensuite sur le navire amiral et aux environs de 15h, le dernier soldat français embarque à son tour.

Les tunisiens présents les lieux se mettent à chanter l’hymne national tout en lançant : « Vive Bourguiba ! ». Quelques politiciens tunisiens arrivent au port à bord de l’Aviso Destour.  Parmi les passagers figurent le gouverneur de Tunis Hassib Ben Ammar, le ministre de l’intérieur Taïeb Mehiri ou encore le vice-Président Bahi Ladgham. Ce dernier hisse ensuite le drapeau tunisien et annonce solennellement au téléphone au président tunisien : « Mission accomplie » sur la base de Bizerte.

Cet événement est bien entendu accueilli dans la joie par le peuple tunisien qui le célèbre dignement le 15 décembre de la même année. Ce jour-là, on retiendra l’image de Bourguiba qui se tient fièrement auprès de Nasser et Ben Bella, deux figures du nationaliste arabe, qui ont souvent reproché les « compromis » du leader tunisien avec l’Occident.

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