Le 13 octobre 1988, Naguib Mahfouz, écrivain égyptien, décroche le prix Nobel de littérature. Retour sur le parcours du premier auteur arabe à obtenir ce prix.

 

Ses débuts

Naguib Mahfouz voit le jour le 11 décembre 1911 dans la capitale égyptienne. Il intègre l’Université du Caire et choisit la philosophie comme filière d’étude. A l’âge de 17 ans, il fait ses débuts dans l’écriture en publiant des essais dans des revues littéraires. En 1939, il sort « Un souffle de folie », son premier recueil de nouvelles. Après l’obtention du diplôme de licence, il travaille au sein de la fonction publique. En même temps, il se lance dans les romans historiques en s’inspirant du passé glorieux de son pays du temps des pharaons. Mais le succès n’étant pas au rendez-vous, Naguib décide de s’orienter davantage vers l’écriture des romans réalistes.

 

La consécration

Naguib commence à éveiller l’intérêt à la fois de la critique et du grand public avec la publication des romans Passage des miracles (en 1947) et Vienne la nuit (en 1949). Ces romans abordent les problèmes socio-politiques de l’Egypte tout en dépeignant la vie dans les quartiers populaires de la capitale. Plus tard, l’écrivain se fait surtout connaître grâce à son œuvre La Trilogie du Caire (1956-1957). Il y relate la saga d’une famille au cours de l’entre-deux guerres et restitue de manière très précise l’histoire sociale et politique du pays durant cette période. En 1959, paraît Les fils de la Médina, un roman allégorique très critiqué mais qui, paradoxalement, va contribuer à la renommée du romancier. En effet, l’œuvre provoque la colère des oulémas qui constatent une imitation à peine voilée de l’histoire de la création.

Deux ans plus tard, l’écrivain publie « Le Voleur et les chiens ». Cette fois-ci, Naguib Mahfouz n’hésite pas à dénoncer, à travers une fiction allégorique, les dérives du régime en place. Il continue ensuite de publier d’autres romans à succès comme Récits de notre quartier (1975) ou La Chanson des gueux (1977). De son vivant, Naguib écrit près d’une cinquantaine de romans dont Abath al-aqdâr (1939), Khân al-Khalîlî (1946), Al-Simmân wa-l-Kharîf (1962), Al-Hubb taht al-matar (1973) ou encore Amâm al-‘arch (1983). La consécration de ce travail acharné n’arrive finalement que le 13 octobre 1988 date à laquelle l’écrivain obtient le prix Nobel de littérature. Décédé en 2006, Naguib Mahfouz a marqué l’histoire de la littérature arabe en étant le premier auteur arabe à obtenir ce prix.

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