Dans l’histoire algérienne, la journée du 5 octobre 1988 reste dans les mémoires comme le jour de l’éclatement de manifestations sanglantes dans plusieurs grandes villes du pays pour contester « l’ajustement structurel » imposé par le FMI.

 

Une crise sociale et économique

Au lendemain de la décision du Fonds Monétaire International d’imposer « l’ajustement structurel » chez 110 pays du Sud, Chaldi Bendjedid, président algérien de l’époque, adopte une politique allant dans ce sens. Or, ce concept impose une privatisation de tous les secteurs et de fortes restrictions dans les activités publiques (renvoi de plusieurs employés, limitation des dépenses en matière de santé et d’éducation, etc.). Si le président Chaldi reçoit l’admiration des capitales européennes, il provoque le mécontentement du peuple algérien qui subit à la fois les affres de cette réforme et la baisse du prix des hydrocarbures.

 

Plusieurs jours d’émeutes

Les premières manifestations se produisent le 2 au 3 octobre dans les villes d’El-Harrach et de Bourouba. Elles prennent de l’ampleur en atteignant le quartier populaire de Bal-El-Oued (Alger) la nuit du 4 ou 5 octobre avant de s’étendre vers les autres grandes villes du nord d’Algérie dont Oran, Constantine, Tizi Ouzou, Annaba, Béjaia… Dans la journée du 5 octobre, les manifestants se sont pris aux établissements publics : commissariats, départements du FLN, ministères, municipalités, etc. Par ailleurs, les caricatures du président et sa femme ornent les murs des quartiers pauvres en signe de contestation du pouvoir.

 

Une répression sanglante

Le 6 octobre, le président institue l’état de siège en Algérie et nomme le général Khaled Nezzar à la tête d’une cellule de crise comptant 10.000 soldats. Une véritable chasse à l’homme est alors lancée contre la jeunesse algérienne. Le bilan : 300 jeunes assassinés, une centaine d’autres tués dans les rues de la vieille médina. Outre le bilan humain, la crise qui se poursuit jusqu’au 10 octobre entraîne aussi un bouleversement majeur dans le paysage politique du pays. En effet, il met fin à plus de 25 ans de monopole du FLN.

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