Le 3 octobre 1958, le général de Gaulle vient de reprendre le pouvoir quand il s’adresse au peuple algérien devant la préfecture de Constantine. Il présente dans son discours le projet de redressement économique de l’Algérie à travers le « Plan de Constantine ».

 

Un plan ambitieux

Au plus fort de la guerre d’Algérie, le général de Gaulle décide de lancer le programme de développement que la France envisage pour le pays. Pendant son discours le 3 octobre 1958, il fait ainsi connaître les détails du plan de Constantine, considéré comme une continuité du lancement du projet militaire « Challe ». L’objectif s’annonce ambitieux : réduire l’inégalité entre algériens-français en Algérie grâce à la construction de nouveaux logements, la création de nouveaux emplois ainsi que la redistribution des terres agricoles.

La mise en œuvre du plan de Constantine est prévue pour une période de cinq ans. Sa réalisation s’appuie essentiellement sur le programme d’industrialisation, de construction d’infrastructures publiques et la politique d’investissements des entreprises privées.  Toutes les ressources du pays seront mobilisées : terres cultivables, hydrocarbures, ressources énergétiques, industries métallurgiques et chimiques, etc. Le but étant d’d’atteindre une croissance à deux chiffres des indicateurs économiques. En parallèle, le plan de Constantine prévoit de conséquences sociales énormes : 400 000 nouveaux emplois, scolarisation des deux tiers des enfants musulmans, nouveaux logements pour un million de personnes. Le financement nécessaire pour le projet est estimé à 2.5 milliards de nouveaux francs.

 

Un succès éphémère

Le 16 septembre 1958, un retournement politique vient troubler la réalisation du projet suite aux déclarations du Chef de l’État. Ils semblent, en effet, que ces projets socio-éconimiques ne sont autres qu’un moyen d’établir une pacification trompeuse afin de bloquer le mouvement du FLN et de perdurer ainsi indéfiniment la colonisation. S’enchaîne alors la démission de plusieurs hommes politiques, dont le conseiller d’État André Jacomet et trois autres directeurs dans l’Industrie, des Travaux Publics et du Plan. Ce bouleversement finit par décourager les investisseurs et les entrepreneurs étrangers. Faute de moyens financiers, le plan du Constantine est alors officiellement abandonné vers la fin de l’année 1961, il n’a alors duré que 26 mois.

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