Le 24 septembre 1902 marque la naissance de Rouhollah Khomeini, guide suprême de l’Iran  de 1979 jusqu’à sa mort. Son existence est marquée par sa vive opposition à la « révolution blanche » voulue par le Shāh.

 

Un ayatollah

Rouhollah Khomeini est né le 24 Septembre 1902 dans la ville de Khomeyn en Iran. Son grand-père, son père et son grand-frère, tous des ayatollahs, ont été tués dans des circonstances inconnues alors qu’il n’avait que 6 mois. Il est alors élevé dans un milieu très religieux par sa mère et sa tante célibataire. Cette dernière a une importante influence sur la personnalité du jeune homme puisque c’est elle qui lui inculque les valeurs que devrait avoir un religieux chiite : soumettre toutes ses actions à la loi islamique, promouvoir la justice, défendre les opprimés et aider les plus démunis.

A sept ans, il est envoyé dans une maktab où il apprend à lire et à écrire en se basant sur des textes coraniques. Il se rend ensuite à Ispahan où il étudie sous l’égide de l’ayatollah Haeri avant de rejoindre Qom, en 1920, pour suivre des cours en théologie et en philosophie. Sept ans plus tard, il est nommé ayatollah (l’un des titres les plus élevés décerné à un membre du clergé chiite) et devient professeur de théologie. Malgré son côté autoritaire qui laisse peu de place à la discussion, il obtient rapidement l’estime et le respect de ses compères pour son élévation morale et ses compétences. Il publiera d’ailleurs au cours de sa carrière plus de 30 ouvrages sur les sciences islamiques.

 

Un opposant au régime du Shāh

Au milieu des années 40, Khomeini commence à lancer des critiques à l’égard des religieux qui soutiennent le Shāh (Muhammad Rizā Pahlevi). Toutefois, il reste encore très discret sur la scène publique jusqu’en 1961 quand il est élevé au rang de « marja-e taqlid » (le plus haut rang accordé à un ayatollah). Avec ce nouveau titre, il gagne en notoriété et en influence auprès de ses concitoyens.

Profitant de cette position de force, il n’hésite plus à entrer officiellement en politique quand le Shāh entame la « révolution blanche » que Khomeini considère comme une tentative d’ « occidentalisation » de l’Iran, en 1962. Pour cela, il adresse une lettre au souverain où il expose ses revendications vis-à-vis de son projet mais celle-ci reste sans réponse. Il lance alors une campagne de sensibilisation auprès des responsables religieux du pays les incitant à se rallier à sa cause dans le but de couper le Shāh de ses appuis parmi la communauté religieuse. Il arrive, pour cela, à obtenir le soutien des chefs des principaux bazars du pays qui sont à la fois conservateurs et opposants au régime.

Craignant une crise sociale, le Shāh annonce la tenue d’un référendum pour recueillir les avis de la population sur les réformes qu’il tente de mener. En protestation, Khomeini et ses partisans ferment tous les bazars de Téhéran et de Qom et organisent un grand rassemblement le 23 janvier 1963. Mais la manifestation est violemment réprimandée par le gouvernement, ce qui ne fait que renforcer les motivations des opposants.

 

Un guide suprême en 1979

Le 3 Juin 1963, Khomeini prononce un discours dans lequel il dénonce la dépendance du Shāh aux étrangers et surtout son alliance avec Israël. Son audace lui vaut une arrestation deux jours plus tard mais les mouvements de protestation, qui en découlent, obligent le régime à le libérer. En 1964, le même scénario revient : il critique publiquement les décisions du Shāh et est de nouvelle fois arrêté. Mais cette fois-ci, il est expulsé de l’Iran. Ainsi commence alors son exil de quatorze années pendant lesquelles il s’installe respectivement en Turquie, en Irak et en France.

Ce long exil lui permet de redéfinir sa position : réclamer un changement de régime plutôt qu’être une simple opposition. Il estime, pour cela, que le pouvoir doit être confié aux oulémas qu’il juge plus aptes à rallier islam et politique. En propageant ces idées par le biais de cassettes audio rediffusées en Iran, il réussit à développer d’intenses révoltes contre le Shāh. Face aux pressions, ce dernier quitte le pays le 16 janvier 1979, ce qui permet à Khomeini de revenir dans son pays le 1er février de la même année.

Un mois plus tard, le 1er avril, Khomeini proclame l’Iran « République Islamique« . Et avec la mort de l’ayatollah Taleghani en septembre 1979, l’aile modérée des religieux perd peu à peu son influence. Ainsi, l’ayatollah est élu Guide suprême de la révolution par l’Assemblée des experts. Cela lui permet de superviser la politique générale de l’Iran, un rôle qu’il assure pendant dix ans avant de s’éteindre le 3 Juin 1989 à l’âge de 86 ans.

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