Le 17 septembre 1849, Harriet Tubman, celle qu’on surnomme « la Moïse noire », esclave devenue militante pour la cause de ses pairs et des femmes, alors âgée de 27 ans, s’échappe pour la première fois.

 

Moïse en exemple 

Née esclave en 1822, Harriet Tubman porte à sa naissance jusqu’à son mariage le nom d’Araminta Ross. Dès l’âge de 6 ans, elle est louée par une femme pour veiller sur le sommeil de son enfant. À chaque pleur du bébé, la petite Harriet reçoit des coups de fouet dont elle gardera les traces jusqu’à sa mort.

Adolescente, elle est affectée aux travaux de champs aux côtés de son père où elle apprend les manières de se laisser guider par l’étoile Polaire, d’interpréter les signes dans le ciel et l’attitude des animaux ; des connaissances qui lui seront salvatrices. Au cours de sa jeunesse, Harriet se découvre aussi une passion pour l’Ancien Testament et apporte une attention particulière à l’histoire de Moïse qui a conduit les juifs hors de l’esclavagisme égyptien.

Mais en 1834, dans la foulée d’une tentative de fuite d’un autre esclave, Harriet reçoit un coup à la tête qui lui causera des troubles du sommeil et des hallucinations. Malade et instable, sa valeur marchande diminue en conséquence quand son maître tente de la vendre en 1849.

 

Une militante infatigable

Une semaine plus tard, Harriet profite du décès de son maître pour prendre la fuite. N’ayant pas réussi à convaincre son mari, elle part en compagnie de ses deux frères. Mais pris de remords d’avoir abandonné les siens, ces derniers décident de rebrousser chemin et obligent la jeune femme à les suivre. Cela ne la décourage pas pour autant puisqu’elle réussit à s’évader une deuxième fois. Cette fois-ci, Harriet décide de partir seule et avec l’aide du réseau secret d’abolitionniste « Chemin de fer clandestin », elle réussit à atteindre la Pennsylvanie où l’esclavage est déjà aboli.

Sa liberté à peine retrouvée, elle élabore rapidement un plan d’évasion pour libérer les membres de sa famille ainsi que les autres esclaves restés dans ses anciennes terres. Elle réussit alors à faire 13 allers-retours pour libérer, selon ses propres estimations et ses proches collaborateurs, 70 d’entre eux. Et au cours de la guerre de Sécession, Harriet participe activement aux combats et prend part à la libération de 700 esclaves lors d’une bataille sanglante à la rivière de Combahee, en Caroline du Sud.

Quand l’esclavage est devenu anticonstitutionnel aux États-Unis, la jeune femme s’investit dans une autre cause : la lutte pour le droit de vote des femmes qu’elle revendique à New-York, à Boston et à Washington. Décédée en 1913, le portrait d’Harriet Tubman trônera sur les billets de 20 dollars américains dès 2020, une première aux États-Unis.

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