Mohammed Arkoun, disparu le 14 septembre 2010, laisse son empreinte dans l’histoire et l’étude de l’islamologie contemporaine. Que ce soit à Paris ou au Maroc, il vit un dernier au revoir digne des plus grands.

 

Disparition d’un homme de lettres éclairé

Suite à une grave maladie, Mohammed Arkoun rend son dernier souffle à l’âge de 82 ans, à Paris. Cette ville l’a accueilli au moment où il décide de quitter l’Algérie, son pays natal, pour faire ses études dans l’Hexagone. Il intègre d’abord l’université de Sorbonne pour obtenir son agrégation en langues et littératures arabes et décroche en même temps son doctorat en philosophie. Intellectuel avide de connaissance, il plonge encore plus loin dans l’étude islamique moderne avant d’enseigner l’histoire et la pensée islamologique dans plusieurs universités françaises.

Certes, les convictions idéologiques de Mohammed Arkoun, véritable anticonformiste, ne font pas toujours l’unanimité et transgressent même certains principes de l’islamologie. Mais, ses contributions intellectuelles continuent aujourd’hui à inspirer de nombreux chercheurs et historiens à interpréter l’histoire différemment. Parmi ses ouvrages les plus connus : Pour une critique de la raison islamique (1984), La Pensée arabe (1975), De Manhattan a Bagdad: Au-dela du Bien et du Mal  (2003) ou encore Humanisme et islam (2005).

 

Initiateur du dialogue interreligieux

Outre un islamologue reconnu, Mohammed Arkoun est également le père du rapprochement interreligieux. « Plein d’empathie » pour les autres religions depuis son jeune âge, il comptait en effet de nombreux amis chrétiens et juifs. Cela justifie la présence de plusieurs personnalités religieuses aux côtés des hautes figures du monde de la pensée et de la littérature, ainsi que des hommes politiques de toutes nationalités lors du dernier adieu rendu à la maison médicale Jeanne-Garnier à Paris.

De son vivant, son souhait était d’être inhumé au Maroc, pays d’origine de sa seconde femme. Sa famille organise alors l’expatriation de la dépouille quelques jours après son décès. Et les obsèques ont lieu à la Grande Mosquée Hassan II, puis le corps de Mohammed est emmené vers sa dernière demeure au cimetière Achouhada à Casablanca.

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