Le 24 août 1899 est né Ferhat Abbas, un homme politique nationaliste français ayant combattu pour la souveraineté de la nation algérienne.

 

Un nationaliste modéré

Né à Bouafroune, Ferhat Abbas est issu d’une famille paysanne d’origine kabyle. Au début, il fait partie des partisans de « l’élément indigène dans la société française » jusqu’à ce que l’autorité coloniale refuse de rompre avec sa politique de ségrégation. Il crée alors, en 1938, l’Union populaire algérienne qui vise à inscrire dans la constitution l’égalité de droits des algériens et des français. Mais les français continuent leur politique assimilationniste même après son rapport intitulé « L’Algérie de demain » qu’il adresse à Pétain en 1941 et dans lequel il plaide pour la cause des indigènes.

Déçu, Ferhat devient plus radical dans ses revendications. Ainsi, le 10 février 1943, il sort le Manifeste du peuple algérien pour réclamer la constitution d’un État souverain en Algérie, un point qu’il renforce dans Addendum. Un an plus tard, il forme avec l’association des oulémas et le Parti du peuple algérien, l’association des Amis du Manifeste et de la Liberté. Mais celle-ci est dissoute après les émeutes de Sétif en 1945 et ses membres, dont Ferhat, sont emprisonnés. Libéré un an plus tard, il refuse d’en rester là et fonde l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA), réunissant les élites bourgeoises et les nationalistes modérés, qui prône une nation algérienne indépendante qui collabore avec la France.

 

Un homme politique

L’insurrection du novembre 1954, marquant une totale rupture entre les deux pays, le conduit à intégrer le Front de Libération Nationale (FLN). Il participe ainsi activement à la « révolution algérienne » et devient membre titulaire du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) à l’issue du congrès de la Soumman.

En 1958, Ferhat devient président du Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) mais démissionne en 1961. Un an plus tard, il se trouve à la tête de l’Assemblée constituante de l’Algérie nouvellement indépendante mais est rapidement écarté de cette instance pour avoir dénoncé la dictature de Ben Bella. Retiré de la vie politique, il continue toutefois à militer en tant que démocrate et publie des mémoires dans Autopsie d’une guerre et L’Indépendance confisquée jusqu’à sa mort le 24 décembre 1985.

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