Le 16 août 1996, celui qu’on surnomme le « roi du Qawwali », Nusrat Fateh Ali Khan (NFAK), rend son dernier souffle suite à un arrêt cardiaque.

 

La musique dans la peau

C’est une famille de musiciens dévoués au qawwali dans le village de Faisalabad, qui a vu naître ce talentueux musicien et chanteur pakistanais le 13 octobre 1948. De son père reconnu comme une célébrité locale, il retient la force et la maîtrise de la voix, des atouts décisifs au moment où il prend les rênes du groupe familial après le décès de celui-ci.

Le grand public le découvre lors du festival annuel soufi en 1972 où sa voix déclenche un rare enthousiasme. Depuis, il enchaîne les présentations que ce soit sur les scènes locales ou internationales. En 1985, la France fait sa connaissance lors de son spectacle dans une salle affichant complet au Théâtre de la Ville de Paris. Avec une tenue mariant le gris et le clair, NFAK, assis sur son tapis et entouré de choristes et de musiciens, séduit son auditoire occidental par les nuances de sa voix, tantôt fine tantôt grave, avec ses grains et ses brumes qui se dissipent à volonté pour s’épanouir dans un son pur et lumineux.

 

Elvis du soufisme

Mais ses nombreuses tournées (à un rythme déraisonnable) finissent par fragiliser considérablement le chanteur à partir de 1995. Deux ans plus tard, alors qu’il devait subir une greffe de rein, à l’hôpital Cromwell en South Kensigton à Londres, son cœur le lâche subitement. Le « shahinshah » (roi des rois) décède ainsi, à seulement 48 ans, le samedi 16 août 1997. Son corps est ensuite rapatrié au Pakistan où il a droit à une cérémonie digne d’une grande star avant d’être inhumé dans sa ville natale. 22 ans après sa disparition, celui que les médias surnommés « Elvis du soufisme » demeure « l’ustad » (maître) indétrônable du qawwali.

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