Alors que la constitution tunisienne n’est pas encore établie, Habib Bourguiba, premier ministre, promulgue le code du statut personnel (CSP) portant sur la valorisation et l’émancipation de la femme le 13 août 1956, du jamais vu dans le monde arabe.

 

Un code inédit 

Alors que l’indépendance de la Tunisie vient d’être acquise, Bourguiba tient à marquer le coup. Il affecte, pour cela, une quinzaine de juristes, dirigés par le ministre de la Justice, Ahmed Mestiri. Après avoir lu les réformes sociales envisagées plusieurs années auparavant par des grands penseurs tels que Kheireddine Pacha, Cheikh Mohamed Snoussi, Abdelaziz Thaalbi, Tahar Haddad, ils rédigent 213 articles consacrés au principe de l’égalité homme-femme. D’où la naissance, le 13 août 1956, du code inédit qui s’avère être bien plus qu’une simple disposition juridique.

 

« L’égalité de genre »

Aborder la question de l’égalité de genre, voilà l’un des points principaux du CSP qui rompt avec certaines pratiques traditionnelles relatives au traitement de la femme. Depuis sa promulgation, un âge minimum légal pour le mariage est alors instauré, l’accord mutuel entre les deux époux est devenu nécessaire avant le mariage et une procédure judiciaire de divorce est mise en place pour permettre aux femmes d’y avoir recours. Par ailleurs, les tunisiennes peuvent travailler, ouvrir un compte bancaire et créer leurs propres entreprises sans nécessiter l’aval d’un membre de leurs familles. L’image de la « femme citoyenne » et celle de la « femme individu » émergent ainsi dans ce pays qui s’affirme avec son aspect atypique par rapport à ses voisins arabes.

 

Un CSP fort critiqué

Sans la volonté politique inébranlable de Bourguiba, ce code aurait été annulé. Mais ferme sur sa position, ce premier ministre devenu président vainc le principal motif d’opposition : l’islam. Il réussit aisément à démontrer l’adéquation des articles de ce texte avec le Coran et la Sunna en insistant sur le fait qu’il est seulement question d’une rupture avec les pratiques archaïques. C’est d’ailleurs pour cela que la question de l’héritage n’y est pas abordée.

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