Le 10 août 1909, l’Empire chérifien commémore la naissance de son roi considéré comme le « père de la nation marocaine moderne » : Mohammed V.

 

Un homme de valeurs

Sidi Mohammed connu sous le nom de Mohamed V, troisième fils du sultan Moulay Youssef, accède au trône à la mort de celui-ci en 1927. Si les français s’attendaient à un personnage docile, le nouveau sultan se révèle rapidement comme un homme fort muni de grandes valeurs. Ainsi, alors que le Maroc est sous protectorat français, il n’hésite pas à réclamer la fin du dahir berbère, instauré par les forces coloniales en 1930 et qui confère aux arabes et aux berbères des systèmes juridiques différents.

 

Militant contre le colonialisme

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif dans le règne de Mohammed V. Avec la défaite militaire de la France en 1940, le sultan s’autorise une volte-face au général Nouguès, résident général français au Maroc, sur la question de la législation antisémite du gouvernement Vichy. Par ailleurs, il conclut un pacte avec les nationalistes du parti Istiqlal et devient plus radical dans ses revendications.  Il réclame ainsi, dans le fameux discours de Tanger en 1951, l’indépendance du pays et son intégralité territoriale. Et un an plus tard, il permet à la cause algérienne de bénéficier d’une audience internationale grâce à une audience qu’il obtient auprès de l’ONU.

Malheureusement, ce soutien du sultan envers les mouvements nationalistes ne joue pas en sa faveur vers la fin de la guerre. Les tensions sont, en effet, palpables entre le peuple qui soutient la France et les habitants des grandes villes où les élites cherchent à tout prix l’indépendance. Les français en profitent pour monter ces derniers contre le souverain qui est forcé à l’exil en 1953. Mais cette déportation ne fait qu’intensifier les révoltes au Maroc qui est soutenu par la Libye, l’Algérie et l’Egypte. N’ayant plus le choix, le gouvernement français fléchit sa position et rappelle le sultan pour entamer des négociations.

 

Père de la nation 

Après deux années d’exil, Sidi Mohammed revient au Maroc le 16 novembre 1955. Ce retour est symbolique pour les marocains puisqu’il augure le recouvrement de l’indépendance du pays. D’ailleurs, deux jours plus tard, le sultan proclame officiellement la fin du protectorat français. Le pays regagne ensuite sa souveraineté le 2 mars 1956 et  Mohammed prend le titre de roi sous le nom de Mohammed V.

Par ailleurs, il autorise la tenue du premier congrès organisé par l’Istiqal, qui va d’ailleurs former de nombreux gouvernements sous son règne, ainsi que la création des syndicats. En outre, il soutient la décolonisation au Maghreb et en Afrique et apporte ainsi son aide au Front de Libération Nationale (FLN) durant la guerre d’Algérie et au Mouvement national congolais lors de la guerre pour l’indépendance du Congo.

Le souverain décède le 26 février 1961 suite à une opération banale sur la cloison nasale mais son nom reste gravé dans l’histoire marocaine et principalement dans la mémoire de la communauté juive du pays qui l’a d’ailleurs déclaré à titre posthume : « Juste des Nations ».

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