Au bout d’un an d’emprisonnement pour son militantisme, Tahar Sfar, avocat et homme politique tunisien, se retrouve avec une santé déficiente qui conduit à sa mort le 9 août 1942.

 

Un étudiant brillant 

Tahar Sfar voit le jour le 15 novembre 1903 à Mahdia. Après son baccalauréat, il dirige et reforme les études dans l’école El Arfania de Tunis avant de poursuivre ses études en droit, lettres et science politique à Paris. C’est là, qu’avec quelques amis, il participe à la création de l’Association des étudiants musulmans arabes dont il est le premier vice-président.

Son diplôme en poche, il revient en Tunisie et exerce en tant qu’avocat et professeur d’économie politique. Par ailleurs,  il écrit en arabe et en français pour le compte de quelques quotidiens algériens tels que La voix du Tunisien et L’Action tunisienne. Il n’hésite pas à y réclamer une réelle coopération orient-occident.  « La paix dans l’avenir, le progrès de l’humanité tout entière dépendent de cette union, de cette étroite collaboration entre l’Orient et l’Occident, qui au lieu de se tourner le dos, de s’ignorer, doivent au contraire, se soutenir, se prêter mutuellement appui et coopérer en vue du relèvement du sort de l’humanité » écrit-il dans un de ses articles.

 

Un militant nationaliste 

En même temps, Tahar entame son combat pour la libération de la Tunisie en rejoignant le parti nationaliste Destour. Plus tard, il participe à la création du Néo-Destour à Ksar Hellal avec ses camarades d’étude, dont Habib Bourguiba, Mahmoud El Materi et Bahri Guiga. Au sein de ce parti qui se veut moderniste dans ses approches, Tahar occupe le rôle d’éducateur et de mobilisateur du grand public à des fins de prise de conscience sur l’importance de la libération.

En 1935, il est éloigné et assigné à résidence comme ses amis du Néo-Destour. Il profite de l’occasion pour écrire Le journal d’un exilé (qui ne sera publié qu’en 1960). Quand Armand Guillon devient résident général de France en Tunisie, il libère les militants en 1936 mais ce sera de courte durée. En effet, Tahar est à nouveau emprisonné en 1938 pour ressortir un an plus tard avec une santé au plus mal.

Il réussit quand même à publier un article sur le caractère raciste et dangereux du régime hitlérien dans la revue féministe francophone Leïla en 1941. Il se retire ensuite de la sphère publique jusqu’à son décès, annoncé le 9 août 1942.

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