Le 7 août 1165 est né le savant Ibn ‘Arabi, à la fois théologien, juriste, maître soufi, poète et philosophe. Il déploie une doctrine complexe et fascinante sur l’ésotérisme musulman, fondé sur la connaissance de l’« Ilm Al-Hurûf »,  la science des Lettres.

 

Un enfant doué

Abû ‘Abd-Allâh Muhyi-d-dîn Ibn ‘Arabî mieux connu sous le nom d’Ibn ‘Arabi voit le jour à Murcie, en Espagne. À 7 ans, il suit ses parents à Séville, la capitale intellectuelle des Almohades en al-Andalus. C’est là qu’il s’initie lui-même aux différentes formes de sciences islamiques en se référant aux œuvres de plusieurs maîtres en la matière et à l’enseignement de Fatima bint al-Muthanna, une amie de sa mère qu’il considère comme sa « mère spirituelle ».

À 25 ans, il s’oriente vers la « tariqa » et entame une retraite de 9 mois sous la tutelle du chef spirituel Abu Dja’far al-‘Urayn. Dix ans plus tard, il quitte définitivement Al-Andalus pour faire un grand périple oriental (jusqu’à ses 48 ans). Ce voyage lui servira de source d’inspiration pour écrire son premier livre, « Le Dévoilement des effets du voyage », dans lequel il théorise son parcours comme un moyen de méditation et d’initialisation spirituelle.

Trois ans plus tard (en 1203), il sort son ouvrage majeur, « Les Illuminations de La Mecque » pour exposer sa théologie, son cheminement spirituel et sa métaphysique, avec des éléments autobiographiques.

 

L’influence de sa pensée

L’œuvre d’Ibn ‘Arabi est qualifiée par nombre d’historiens et penseurs musulmans comme la somme complète et le « sommet » de l’ésotérisme islamique. De ce fait, sa pensée marque un tournant crucial dans l’histoire de ce courant. D’après l’islamologue français spécialiste du soufisme, Roger Deladrière, Ibn ‘Arabi est l’auteur de « l’œuvre théologique, mystique et métaphysique la plus considérable qu’aucun homme ait jamais réalisé ».

Le cheikh estime en effet que les vrais fondements de la foi résident dans la connaissance de la science des Lettres (‘Ilm Al-Hurûf). La science du Coran se trouve, d’après lui, dans les lettres placées en tête des sourates. Son œuvre, composée de 846 ouvrages, aborde ainsi l’ensemble des sciences religieuses islamiques dont la Charia (Loi islamique), la Haqîqa (vérité ésotérique) et la Tarîqa (voie exotérique conduisant à la « réalisation » de la Vérité) et entend établir une rencontre solide entre connaissance, amour et intelligence.

Plus de 770 ans après la disparition du cheikh, sa vision occupe toujours une place importante dans la philosophie islamique. En effet, elle reste la base de l’enseignement dans de nombreuses confréries soufies telles que l’école d’Ibn ‘Arabi, la Chadhiliyya, la Khalwatiyya, la Mawlawiya ou encore la Chichtiya. Et au-delà du soufisme, ses œuvres continuent à fasciner de nombreux théosophes à l’image d’Osman Yahia, d’Haydar Amoli, d’Ibn Abi Jomhur et de Molla Sadra Shirazi.

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