Le 5 août 1990, 57 pays musulmans ratifient la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam, une résolution prise lors de la 19e Conférence des ministres des Affaires étrangères réunis dans l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI).

 

Une déclaration fidèle aux enseignements du Prophète

Conformément à la Foi islamique, la déclaration ratifiée en 1990 insiste sur le caractère divin et sacré des droits de l’homme qui puisent leurs sources dans les « Livres révélés » à Muhammad (psl) et qu’il a transmis à ses disciples. Dans le préambule de cette déclaration, les États signataires reconnaissent ainsi à l’homme le droit d’être protégé et adoptent des articles conformes à la charia et aux préceptes du Prophète allant dans ce sens. Ce texte stipule aussi qu’il appartient à l’Oumma (la communauté des croyants musulmans) d’éclairer « la voie de l’humanité » et d’apporter « des solutions aux problèmes chroniques de la civilisation matérialiste ».

 

Les traits distinctifs de cette déclaration

D’une manière générale, ce texte reprend les principes inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) adoptée par l’Assemblée des Nations Unies en 1948. En plus du droit à la vie, à la vie privée, à la vie familiale & au domicile, l’interdiction de la servitude, de l’exploitation et de l’humiliation, cette déclaration reconnaît ainsi l’égalité des hommes devant la loi, la liberté d’expression et d’information tout comme les garanties judiciaires. Et, elle insiste sur l’assimilation de l’enseignement comme « un devoir » et le droit pour chaque individu de jouir du fruit de ses œuvres intellectuelles, artistiques ou techniques.

Cependant, certaines dispositions constituent les traits distinctifs de cette déclaration. Il s’agit, entre autres de : la présentation de la vie comme « un don de Dieu » et qui, par voie de conséquence et selon la Charia, reconnaît le fœtus comme une vie à protéger dès le quatrième mois de gestation, l’interdiction d’agression ou d’atteinte au corps sans motif légitime, l’interdiction de la prise d’otage, la notion de devoir de l’État, de la société et de l’homme sur la famille ainsi que du devoir du peuple de soutenir l’état dans la lutte pour « l’élimination de toutes les formes de colonisation et d’occupation ».

 

Les controverses autour de la déclaration

Cette déclaration, signée par les États musulmans, nourrit toutefois les controverses sur certains points. Si l’égalité homme-femme est reconnue par son article 1er, elle se limite à la question de la dignité. De même pour la liberté de croyance qui sous-entend même l’imposition de la Charia aux demandeurs d’asile et aux réfugiés. Ce même point peut aussi entraver à la réalisation du mariage car la Charia interdit à une femme musulmane d’épouser un non-musulman. D’ailleurs, elle précise que la Charia est « l’unique référence pour l’explication ou l’interprétation » de tous les articles.

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