Le 3 août 1903, la Tunisie célèbre l’anniversaire de celui qui a initié le mouvement pour l’indépendance du pays : Habib Ben Ali Bourguiba. Il est également le premier président de la République tunisienne.

 

Un avocat

Bien qu’il ait toujours déclaré être né un ou deux ans auparavant, Habib Bourguiba voit le jour, officiellement, le 3 août 1903 à Monastir. Dernier de sa fratrie, il grandit essentiellement dans un environnement féminin, ses frères ayant étudié à Tunis. Et avec son baccalauréat en poche, il quitte son pays pour entamer des études supérieures en Droit à Paris où il devient avocat dans les années 1920.

 

Un militant 

A l’âge de 26 ans, Bourguiba revient en Tunisie et se bat aux côtés des militants du parti nationaliste Destour. Mais, avec un bagage cognitif et pragmatique sur la vie politique française et les valeurs libérales d’une république, il décide de créer son propre parti en 1934 : le Néo-Destour. Celui-ci véhicule une image beaucoup plus laïque et démocratique du nationalisme que le précédent.

Devenu la figure la plus importante de la résistance tunisienne, Bourguiba est dans le collimateur des forces coloniales. Ainsi, il doit passer l’essentiel de sa vie entre 1938 à 1954 à l’exil allant de l’Egypte, l’Italie jusqu’en France. Mais cela ne l’empêche pas de continuer son combat. Au contraire, il profite de ces voyages pour augmenter sa notoriété. C’est ainsi qu’il devient un interlocuteur important lors des négociations de paix avec l’Hexagone en 1954 jusqu’à l’obtention effective de l’indépendance le 20 mars 1956.

 

Un visionnaire 

Il contribue à la chute de la monarchie et devient le premier président de la République tunisienne le 25 juillet 1957. Dès son arrivée au pouvoir, Bourguiba engage le pays sur la voie d’une économie volontariste et œuvre pour le développement de l’éducation. Par ailleurs, il entame de nombreuses actions pour favoriser l’émancipation des femmes et réduire les inégalités de sexe tout en adoptant une politique étrangère équilibrée, une grande première dans le monde arabe.

Le régime de parti unique, imposé par celui que son peuple surnomme le «Combattant suprême», persiste pendant environ 20 ans mais la santé déclinante du président, la montée du clientélisme et de l’islamisme finiront par avoir raison de lui. Bourguiba est destitué le 7 novembre 1987 et décède le 6 avril 2000 dans sa résidence à Monastir.

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