Le 21 juillet 1774, le traité de paix de Kutchuk-Kaïnardji est signé entre la Russie et l’Empire ottoman. Il met fin à 6 ans de conflit entre les deux belligérants.

 

La fin de la guerre russo-turque

Suite à la violation du territoire ottoman à Balta par l’armée russe,  le sultan Mohammed III déclare la guerre à Catherine II de Russie le 6 octobre 1768. Il s’ensuit un conflit qui va se dérouler à la fois sur terre mais aussi sur mer.

En juillet 1770, la flotte turque est vaincue après avoir infligé de grands dégâts aux navires ennemis lors de la bataille de Tchesmé. Mais l’armée ottomane oppose une valeureuse résistance malgré l’avancée des troupes russes jusqu’au khanat de Crimée. Par ailleurs, les paysans de cette région se révoltent et apportent leur aide aux troupes ottomanes afin de repousser l’envahisseur.  En août 1772, l’empire ottoman et la Russie font un premier pas vers une négociation de paix mais le Sultan refuse les propositions russes qu’il juge « inacceptables« .

 

Un traité en faveur du sultan

Le 21 juillet 1774, les deux protagonistes se retrouvent à Küçük Kaynarca, village au nord-est de la Bulgarie pour la signature d’un traité de paix. Au terme de l’accord, les principautés de Valachie et de la Moldavie restent sous la domination ottomane. Ces principautés continuent ainsi de verser un tribut au sultan en signe d’allégeance.

Le traité stipule également que le khanat de la Crimée est désormais un Etat indépendant. Cependant, malgré l’indépendance accordée à ce territoire, le sultan ottoman demeure le leader moral et spirituel de la population musulmane qui est composée majoritairement de Tartares. Pour cela, celui-ci obtient le titre de « Grand Calife du mahométisme ».

En d’autres termes, le traité de Kutchuk-Kaïnardji permet au sultan d’exercer une autorité religieuse même en dehors de ses frontières. Le califat va alors revêtir une nouvelle forme où le souverain devient en quelque sorte un « pontife des musulmans », comme le souligne certains écrivains ottomans. Cette évolution du califat va plus tard favoriser l’émergence du panislamisme.

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