Né le 13 juillet 1927 à Alger, Didouche Mourad est l’un des six chefs historiques du FLN, il est aussi l’un des premiers martyrs de la guerre d’Algérie.

 

Un militant nationaliste précoce

Didouche Mourad est issu d’une famille paysanne originaire de la Kabylie. Ayant grandi dans le quartier populaire de Belcourt, il nourrit très tôt des idées nationalistes et s’engage dans le Parti du Peuple Algérien (PPA) à l’âge de 16 ans. Deux ans plus tard, il est nommé responsable des quartiers d’El Mouradia, El Madania et Birmandreis. En même temps, celui qu’on surnomme Si Abdelkader découvre le mouvement des Scouts Musulmans Algériens (S.M.A) et décide de les épauler en créant la troupe Al Amal ainsi que l’équipe sportive Al Sari’ eriadhi.

 

Un membre fondateur du FNL

En 1947, le parti PPA est remplacé par le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) dans lequel Mourad impose rapidement son autorité. Il participe alors à la création de l’Organisation Sociale (OS) et devient l’un des militants les plus actifs de la branche armée du MTLD. Mais l’organisation est démantelée en 1950 par les français qui n’hésitent pas à jeter en prison ses 200 membres. Parmi eux, Mourad est condamné à 10 ans d’emprisonnement mais il parvient à s’enfuir.

En 1953, le jeune militant est envoyé par le MTLD à Paris et devient l’adjoint de Mohamed Boudiaf. Un an plus tard, Mourad retourne en Algérie et réunit les anciens membres de l’OS lors de la fameuse « réunion des 22 » pour accélérer le mouvement. Malgré son jeune âge, il fait preuve d’une grande maturité et affiche une détermination inébranlable. Mohamed Boudiaf le choisit alors comme un élément clé du Comité révolutionnaire pour l’Unité et l’Action (CRUA) et le désigne responsable de la zone II (le Nord Constantinois).

Avec cinq membres du CRUA et trois membres du MTLD, Mourad met sur pieds le Front de Libération Nationale (FLN) le 10 octobre 1954. Il définit ensuite les bases d’une organisation politico-militaire dans sa zone avec son adjoint Youcef Zighoud. Puis, il participe à la rédaction de la « déclaration du 1er novembre 1954 » qui explique au peuple algérien les différentes actions, à commencer par le « Toussaint rouge« , que le parti compte mener pour réclamer l’indépendance du pays.

 

Un martyr 

Malheureusement, il ne vivra pas assez longtemps pour voir son pays se libérer du joug colonial car il décède le 18 janvier 1955. Ce jour-là, Mourad ainsi que neuf moudjahidine campent au maquis de Douar Souadek (refuge pour les combattants du FLN dans cette zone), près de Constantine. Ayant appris que des éléments de l’armée française s’apprêtent à les attaquer, les combattants musulmans prennent leur courage à deux mains et décident de passer à l’offensive dès l’aube. L’accrochement dure pendant des heures car, bien que minoritaires, les moudjahidine ne reculent pas devant les français qui sont plus nombreux et lourdement armés.  La bataille s’achève, vers 17h15, quand sept des militants algériens sont abattus les armes à la main, dont Didouche Mourad.

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