Le 11 juillet 1957 marque le début d’une ère nouvelle pour la communauté chiite ismaélienne : le prince Karim, succède à l’Aga Khan III, son grand-père Mohamed Shah.

 

Un jeune chef religieux

Le 11 juillet 1957, après la mort de Mohamed Shah, sa famille est réunie à son domicile pour découvrir son testament. Un point précis suscite la curiosité de tous : qui de ses deux fils, le prince Sadruddin et le prince Ali, prendra le relais pour diriger la communauté ismaélienne ?

Mais à la surprise générale, le défunt roi désigne l’un de ses petits-fils, l’un des deux fils du prince Ali : Karim, comme son successeur. Et ses dernières volontés sont sans équivoque : « Étant donné les conditions fondamentales altérées dans le monde au cours de ces récentes années et en raison des grands changements qui se sont produits, y compris la découverte de la science atomique, je suis convaincu qu’il est du meilleur intérêt de la communauté ismaélienne des musulmans chiites que me succède un homme jeune qui a été élevé et a grandi dans l’âge nouveau et puisse adopter une attitude nouvelle envers la vie dans ses fonctions d’imam. » À 20 ans seulement, le jeune Karim devient ainsi le chef spirituel de près de 20 millions de fidèles répartis dans plusieurs dans plusieurs pays dont l’Iran, la Syrie, le Pakistan, l’Inde…

 

49ème imam de la communauté ismaélienne

La cérémonie d’intronisation du nouveau chef spirituel n’aura toutefois lieu que le 19 octobre 1957, à Dar es-Salaam, dans le royaume de Tanganyika (actuelle Tanzanie). Au milieu des centaines de fidèles présents à l’événement, le scénario et l’atmosphère sont dignes d’un grand souverain : autour d’une scène installée sur la place de la ville, les femmes des dignitaires portent des saris multicolores, agrémentés d’or et de diamants. Et à son arrivée, Karim est acclamé par une foule joyeuse criant « Allah Akbar ! « 

Vêtu de tunique blanche, le jeune prince s’assoit quelques instants avant de donner le feu vert à la cérémonie d’intronisation en récitant des versets du Coran. Il reçoit par la suite une toque d’astrakan brodée de 49 pierres précieuses et de diamants qui symbolisent ses 48 prédécesseurs et lui-même, 49e imam. Puis, le Président du Conseil suprême des ismaéliens lui donne « l’épée de Justice » qui fait de lui le le « défenseur de la foi« . On lui remet ensuite une chaîne en or (avec encore 49 liens symbolisant les 49 chefs de la communauté) et une imposante bague en or. Elle est passée d’un imam à un autre depuis 10 siècle et représente l’engagement du chef religieux envers son peuple.

Après ces rituels très symboliques, l’Aga Khan IV, remercie la foule et exprime son engagement et sa détermination : « Je vais consacrer mon existence à guider la communauté dans toutes les difficultés qu’elle rencontrera. »

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