Le 29 juin 1992, après seulement six mois au pouvoir, le président algérien Mohamed Boudiaf est brutalement assassiné alors qu’il tient un discours plein d’espoir pour son pays. Cet événement tragique va plonger l’Algérie  dans le « noir »…

 

Un héros de la lutte pour l’indépendance

Mohamed Boudiaf fait partie des 9 leaders du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA), futur Front de Libération Nationale (FLN), créé en mars 1954. Le 22 octobre 1956, il est arrêté puis incarcéré par les services secrets français avec 4 autres chefs du FLN dont Ben Bella. Cela ne l’empêche pas pour autant de superviser le mouvement de libération en tant que membre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Et ceci jusqu’à l’obtention, en juillet 1962, de l’indépendance du pays où Ben Bella devient le président.

Une fois libéré, il entre en  conflit avec Ben Bella suite à la décision de ce dernier d’ériger le FLN en un parti unique où il est le seul leader. En raison de son opposition, Boudiaf est jeté en prison avant d’obtenir une liberté provisoire en 1964. Mais la relation entre les deux hommes ne cesse de se dégrader et s’empire quand Mohamed s’oppose publiquement à la nouvelle Constitution instaurée par le régime. Cela lui vaut une condamnation à mort, le forçant à s’exiler dans le sud de l’Algérie, puis en France et finalement au Maroc.

 

Mohamed Boudiaf à la tête de l’Etat

Après 28 années d’exil, le destin de Boudiaf bascule un mois après le 1er tour des élections législatives en décembre 1991, remporté par le Front Islamique du Salut (FIS). Très hostiles à l’arrivée au pouvoir de ce front qui compte instaurer un Etat islamique dans le pays, des officiers de l’armée interrompent le processus électoral en menant un coup d’Etat le 11 janvier 1992. Après la démission forcée du Président Chadli Bendjedid, ces militaires font appel à Mohamed Boudiaf pour que celui-ci prenne la tête du Haut comité d’Etat. Le 16 janvier 1992, il est ainsi nommé président de la République par le Conseil.

 

Le brusque assassinat de Mohamed Boudiaf

Mais le 29 juin 1992 à 11 h 30, alors que Mohamed Boudiaf est en plein discours pour délivrer officiellement sa ligne politique, un homme posté derrière un rideau fait soudainement irruption sur la scène. Il lance une grenade pour faire diversion avant de tirer à bout portant sur le président qui meurt sur le coup. Détail macabre : la scène est capturée par une chaîne de télévision algérienne qui transmet l’événement en direct. Boudiaf, qui a consacré sa vie à l’Algérie, disparaît donc dans le sang et dans le bruit, sous l’objectif de la caméra, après seulement 6 mois au pouvoir.

Aujourd’hui, plus de 25 ans après les faits, le mystère demeure encore sur l’assassinat de Mohamed Boudiaf. Même si le tueur, rapidement identifié, affirme qu’il a agi de son propre chef, le peuple s’interroge encore sur les circonstances et le vrai motif de ce meurtre : est-ce un acte isolé ou une opération commanditée par un groupe particulier ? Jusqu’à ce jour, la famille de l’ancien président continue de réclamer justice.

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *