Né le 28 juin 1940 au Bangladesh, Muhammad Yunus initie une véritable révolution économique et sociale dans le monde en inventant le microcrédit.

 

Une solide formation en économie

Fils d’un musulman « pieux », comme il l’indique dans son autobiographie, Muhammad Yunus voit le jour le 28 juin 1940 à Chittagong au Bangladesh. Après ses premières études dans son village natal, il s’inscrit à l’Université de Dacca pour obtenir en 1960 sa licence et un an plus tard, à 21 ans, sa maîtrise.

La même année, il crée la première usine moderne d’impression et d’emballage du Pakistan oriental. Vu son succès, la banque d’Etat Industrial Bank n’hésite pas à lui octroyer un important prêt bancaire. Mais en 1965, il laisse la gestion de l’usine déjà florissante à ses jeunes frères et part aux Etats-Unis pour décrocher avec succès un doctorat en économie.

Et, bien qu’il soit toujours à l’étranger, il soutient (financièrement et en matière de communication) les indépendantistes lorsque la guerre de libération du Bangladesh éclate en 1971. En même temps, il enseigne aux Etats-Unis avant de revenir dans son pays, désormais indépendant, en décembre de la même année. Un an plus tard, il devient le premier responsable du département d’économie de l’Université de Chittagong, sa ville natale.

 

Le père du microcrédit

Face à l’extrême pauvreté et la famine dans son pays, l’économiste se sent impuissant. « J’ai été saisi de vertige en voyant que les théories que j’enseignais n’empêchaient pas les gens de mourir autour de moi », avoue-t-il plus tard. C’est ainsi qu’il se lance dans un projet par lequel il va « dépoussiérer » les systèmes bancaires traditionnels en inventant le « microprêt ».

En 1976, il  lance le projet dans le village de Jobra, au sud du Bangladesh, et le développe jusqu’à fonder  la « Grameen Bank » en 1977 (officiellement créée en 1983). Avec cette « banque des villages » spécialisée dans le microcrédit, il affirme vouloir changer la façon de penser l’économie. Selon lui, ce système répond réellement au problème de l’accès au financement des plus pauvres car il se repose sur la fiabilité du projet envisagé, ne nécessitant pas ainsi de garantie. Grâce à lui, de nombreux démunis et illettrés ont pu créer leurs propres petites entreprises.

Ce modèle de Yunus est désormais répandu partout dans le monde car il permet aux plus pauvres de développer une activité économique génératrice de revenus. Et encore comme particularité, Grameen Bank est aujourd’hui détenue à 94 % par des micro-entrepreneurs, ce qui lui garantit une indépendance certaine et renforce sa crédibilité sociale. En tout, plus de 300 millions de familles pauvres ont vu leur situation s’améliorer grâce à ce système. Après 40 ans d’existence, la Grameen Bank est devenue un groupe très influent dans le monde, avec un taux de remboursement de 99 % : un vrai succès.

 

Prix Nobel et récompenses

Surnommé le « banquier des pauvres » mais préférant le titre de « prêteur d’espoir », Yunus est attributaire de nombreuses récompenses, dont les plus importantes sont l’ «indépendance Day Award» en 1987, le prix Nobel de l’économie en 2005 et le prix Nobel de la paix en 2006. A la remise de ce dernier prix, Yunus révèle qu’il utilisera sa récompense d’une valeur de 1,1 million d’euros en créant, entre autres, une usine de traitement d’eau et un hôpital ophtalmologique. Aujourd’hui, à 78 ans, il poursuit encore son rêve d’un monde meilleur, à travers la même ambition : promouvoir un système de prêt permettant à chacun d’exploiter créativité et son plein potentiel.

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *